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Des céréaliers qui « n’arrivent plus à vivre de leur métier »

Pour sauver leur métier, les céréaliers français sont venus en nombre, manifester à Paris

Pour sauver leur métier, les céréaliers français sont venus en nombre, manifester à Paris - -

Leurs revenus en chute, quelque 10 000 agriculteurs sont venus ce mardi manifester en tracteurs à Paris, pour réclamer l’aide de l’Etat. En colère et fatigués, certains témoignent.

Plus d'un millier de tracteurs ont envahi Paris ce mardi. Après les producteurs de lait et les maraîchers il y a quelques mois, c’est au tour de quelque 10 000 céréaliers de « monter à la capitale ». Non pas pour « embêter les gens » en bloquant les axes routiers, mais comme l’explique Denis Sargeret, céréalier à Théméricourt dans le Val-d'Oise et président de l'Union des agriculteurs du Vexin français : « on n’a aucun autre moyen de se montrer. Et puis, les tracteurs à Paris, c’est quand même une belle image ! », lance-t-il avant d’évoquer, sur un ton moins enjoué, les difficultés que ses collègues et lui rencontrent depuis des mois, et qui les font aujourd’hui réclamer des "mesures immédiates" pour compenser la chute de leurs revenus.

Un second boulot, pour nourrir leur famille

En moyenne, les céréaliers ont perdu 50% de leurs revenus en 1 an. L’un d’eux, qui travaille en Ile-de-France, explique qu'aujourd'hui il vend son kilo de blé 9 centimes d'euros alors qu'en moyenne, il paie 14 centimes de charge par kilo. Pour nourrir sa famille, il a donc un autre travail : il vend du matériel sportif.
Denis Sargeret, lui aussi, en a marre d’être « dans le rouge » : « Aujourd’hui, on n’arrive plus à vivre de ce métier ! Pour y arriver, il faudrait que le blé soit autour de 180 euros ; or il est aujourd’hui autour de 100 euros. Cette année, j’ai travaillé à perte. Et heureusement que j’ai une activité à côté – je transforme l’orge de mon exploitation, en bière –, ça me permet de faire vivre ma famille. »

Une exploitation sur trois, condamnée ?

En plus de cette baisse des prix, les céréaliers touchent moins de subventions de l'Union Européenne. Cet argent est redistribué à des agriculteurs considérés comme plus fragiles, comme les éleveurs de chèvres. Si les céréaliers n'obtiennent pas des mesures, ils affirment qu'une exploitation sur trois ne passera pas l'année.

La rédaction, avec Yann Abback