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Dépollution de Lubrizol: comment va se dérouler l'évacuation des fûts endommagés

Une première installation a placé les quelque 1300 fûts endommagés sous un dispositif étanche. Un robot va maintenant trier et expédier vers des centres de traitement les fûts et leur contenu.

Le 26 septembre dernier, l'usine de produits chimiques de Lubrizol partait en flammes, avec une partie de son contenu. Au total, quelque 5253 tonnes de produits chimiques ont brûlé ainsi que 4250 tonnes de produits dans des entrepôts de l'entreprise voisine Normandie Logistique.

En tout, 1389 fûts à risque, endommagés par l'incendie, vont être traités à partir de ce mardi 22 octobre et pour une durée d'environ deux mois. Parmi eux, 160 contiennent des anti-oxydants, susceptibles de dégager de fortes odeurs, selon le journal local Paris Normandie.

Une bâche étanche déjà en place

Une première installation a déjà été mise en place sur le site. Il s'agit d'une bâche étanche qui confine et recouvre entièrement la zone des fûts, expliquait la Préfecture de Seine-Maritime le 18 octobre. Cet équipement provisoire permet le confinement d'une zone de 1000 m².

Le dispositif est constitué d'une "première enveloppe étanche, d'une deuxième enveloppe à l’intérieur, faisant office de sas et de brumisateurs internes et externes afin de neutraliser les éventuelles odeurs".

Le tri effectué par un robot

L'évacuation des fûts se fera à l'aide d'un robot commandé à distance. Il aura pour mission de charger, de vider et de trier chaque contenant et son contenu.

"On va venir séparer la phase liquide, donc le contenu du fût, de l'emballage. L'ensemble, à la fois les liquides et les emballages, vont être neutralisés dans ce qu'on appelle de la soude", explique Guillaume Gohier, manager Hygiène Sécurité Environnement chez Lubrizol, à BFMTV.

"Les matières ainsi traitées seront acheminées par camion-citerne. Les fûts vidés seront transportés dans des bennes étanches par voie routière", précise la préfecture, vers des centres de traitement agréés.

Pendant la phase de nettoyage "de la darse et de la zone sinistrée, des brumisateurs avec diffusion de produits neutralisants d’odeurs ont été mis en place pour diminuer les possibles nuisances olfactives", ajoute encore la préfecture, précisant que selon la météo, des "odeurs dues à des nappes résiduelles d’hydrocarbures peuvent encore être ressenties ponctuellement".

La nocivité ou toxicité des fûts pas inquiétante

"Aucun des 1300 fûts à traiter ne nous inquiète au niveau de sa nocivité et/ou de sa toxicité", a assuré à Paris Normandie Guillaume Gohier. "Si nous utilisons un robot, c’est pour la bonne et simple raison que chaque fût pèse 200 kilos", précise-t-il.

Ce nouveau niveau dans la dépollution du site intervient après l'annonce vendredi de la levée des dernières restrictions de commercialisation de produits agricoles mises en place après l'incendie. Une "surveillance rapprochée" des produits va toutefois être maintenue.

Salomé Vincendon