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Déconfinement: les "apérues" se multiplient, parfois au mépris de la distanciation sociale

Pour tromper l’interdiction de rouvrir leurs établissements, les restaurateurs se sont lancés dans la vente d’alcool à emporter. Depuis le déconfinement, les "apérues" se multiplient, au risque parfois d’en oublier les mesures de sécurité contre le Covid-19.

S'asseoir sur un petit bout de verdure ou sur un banc pour boire un verre, c'est l’alternative pour oublier que les bars et restaurants sont toujours fermés.

"Il y aurait eu des tables en terrasse, on s’y serait installés, mais il n’y en a pas", "ça fait du bien de croiser des gens, et de parler avec eux de loin", expliquent à BFMTV des adeptes de la tendance baptisée "apérue".

"Ça se passe très bien"

Chaque année, dès le retour des beaux jours, rien de plus normal que de se retrouver entre amis pour boire un verre au bord de l’eau ou dans les jardins publics. Mais en pleine pandémie de Covid-19, cette tradition revêt un caractère bien particulier et la question de la santé publique s’invite au milieu de la fête. Ce genre d’apéro ne risque-t-il pas d’entraîner une deuxième vague?

Les restaurateurs, en peine depuis plus de deux mois, ont bien compris que la vente d’alcool à emporter - qui leur permet de renflouer un peu leurs caisses - dépendait du bon comportement de leurs clients. Ce mode de consommation "paye les petites factures. C'est histoire de sortir un petit salaire. J'ai une petite marge de même pas 10% de ce que je peux réellement faire", détaille le propriétaire d’un établissement sur France Inter.

"Il faut que le client vienne, qu’il passe un bon moment. On veille à ce qu’il y ait toujours un mètre de distance entre eux. Et ça se passe très bien", assure un restaurateur parisien sur notre antenne.

Un autre raconte au Parisien "faire un peu la police" pour éviter que les clients s'agglutinent. "Mais dans l'ensemble, il n'y a pas de souci." Pour autant, cette pratique n’est pas du goût de tout le monde, et des internautes dénoncent sur les réseaux sociaux des attroupements insouciants. 

Des interdictions locales

Pour l’instant, les autorités n’ont pas interdit les "apérues" mais la consommation d’alcool a été limitée dans de nombreux endroits, à la suite de comportements jugés "irresponsables". Au lendemain du déconfinement, les Parisiens s’étaient rués autour du canal Saint-Martin pour trinquer à la liberté retrouvée, au mépris des gestes barrières et distances de sécurité. Une scène qui n'a eu de cesse de se répéter depuis.

"Face à l'irresponsabilité de certains comportements, j'ai demandé au préfet de police d'interdire la consommation d'alcool le long du canal Saint-Martin et des voies sur berges", avait alors réagi Christophe Castaner dans un tweet.

A Rennes, la consommation d’alcool et les pique-niques sont également interdits dans une grande partie de la ville jusqu’au 2 juin en réaction aux "dizaines de personnes qui se sont regroupées, sans respect des distances de sécurité" lors du premier week-end du déconfinement, indique la préfecture d’Ille-et-Vilaine dans un communiqué diffusé sur son site internet. Coronavirus ou non, l'ivresse sur la voie publique peut en tout cas être punie d'une amende de 150 euros.

Ambre Lepoivre