BFMTV

Débordements après la victoire du PSG : à qui la faute ?

Pour Ségolène Royal, invitée sur RMC, il n’est tout simplement « pas sérieux de demander la démission de Valls ».

Pour Ségolène Royal, invitée sur RMC, il n’est tout simplement « pas sérieux de demander la démission de Valls ». - -

Police, ministre, préfet de police ou organisateurs de la manifestation : qui est responsable des débordements survenus lundi soir, lors de la remise du trophée de Champion de France au PSG place du Trocadéro à Paris ? Syndicats de policier et politiques se renvoient la balle sur RMC.

Des centaines de casseurs, 30 blessés, 21 interpellations, et une fête gâchée. La remise du trophée de Champion de France lundi soir au PSG place du Trocadéro a tourné à l’affrontement entre hooligans et forces de l’ordre et laissé les Champs-Elysées et de nombreuses avenues saccagées : vitrines brisées, magasins pillés, véhicules et mobilier urbain dégradés ou incendiés. Ce mardi matin, chacun cherche à comprendre comment l’évènement a ainsi pu dégénérer, et, surtout, comment cela aurait pu être évité.

« Un service d’ordre très significatif »

Bernard Boucault, le préfet de police de Paris, assure avoir fait le nécessaire. Il ne pouvait pas prévoir plus de sécurité, assure-t-il. « 800 policiers étaient mobilisés pour une manifestation où on prévoyait entre 10 000 et 15 000 personnes ! Avoir 7, puis 9 unités mobiles, c’est quand même un service d’ordre très significatif. Est-ce que vous voulez faire une fête pour 15 000 personnes avec 10 000 policiers tout autour ? Ce n’est plus une fête ». Pour éviter de tels débordements à l’avenir, plus aucune manifestation festive ne sera organisée sur la voie publique pour le PSG, a annoncé le préfet de police.

Dispositif « important »

Pointé du doigt par la droite, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls a assuré que « tous les moyens d'enquête disponibles seront mis en œuvre dans les jours à venir pour identifier et confondre les casseurs », notamment la mise à disposition des bandes de vidéosurveillance. Dans un communiqué, le ministère condamne « condamne de la manière la plus ferme le comportement des fauteurs de troubles qui ont gâché ce qui aurait toujours dû rester une fête sportive », malgré un dispositif de sécurité « important ». Sa collègue des sports, Valérie Fourneyron, soutient aussi les choix de Bernard Boucault. « Je tiens à saluer le travail du préfet de police et des forces de l'ordre qui, en concertation avec la Ligue de football professionnel et le club, ont rapidement ramené l'ordre à Paris et maitrisé les débordements », déclare la ministre.

« On aurait pu prévoir »

Pour les policiers, les responsabilités sont partagées. Fabien Vanhemelryck, secrétaire national du syndicat Alliance et invité ce mardi matin sur RMC, estime que « les services de la préfecture de police ont peut-être sous-estimé l’évènement ». Pour lui, « on aurait pu prévoir ce genre de débordements. On n’est pas dans une situation normale, face à des supporters pas toujours facile, notamment une minorité très virulente. Ça, on le savait. Si on avait vraiment canalisé la situation, il n’y aurait peut-être pas eu ces débordements ».
Nicolas Comte, porte-parole Unité-SGP-Police Force ouvrière, cherche aussi des responsabilités du côté du PSG. « Je crois qu’on a eu un service d’ordre interne à l’organisation dépassé », estime-t-il. « Ça doit être la responsabilité des organisateurs de faire en sorte qu’il y ait un minimum de sécurité, le maintien de l’ordre étant évidemment du ressort de la police. Mais il fallait que tout soit bien balisé, que l’accès aux endroits interdits au public soit véritablement interdit, et que le périmètre soit sécurisé ».

« Pas sérieux de demander la démission de Valls »

Invitée sur RMC ce mardi matin, Ségolène Royal partage ce point de vue. La vice-présidente de la Banque publique d’investissement estime qu’il « appartient aux organisateurs de peser le pour et le contre de prendre le risque d'organiser cette fête en plein air » et « défend Manuel Valls et la police ». Pour elle, ce n’est tout simplement « pas sérieux de demander la démission de Valls ». Elle répond ainsi à des attaques de la droite, où certains demandent la tête du ministre.

« Incapacité » de Manuel Valls

Si François Fillon demande sur Twitter à François Hollande de « sanctionner sans délai les responsables du fiasco », Claude Goasguen va plus loin. Le député-maire du XVIe arrondissement de Paris, où se trouve le Trocadéro, demande la démission du ministre. « Il n'était pas compliqué de prévoir dans l'après-midi que des bandes venaient pour casser », a souligné l'élu, notant « l'incapacité » du ministre et la responsabilité tout aussi « évidente » du préfet de police de Paris. « Où était le préfet de police ? Quels ordres ont été données ou n'ont pas été donnés d'agir ? Que faisait concrètement le ministre de l'Intérieur ? », s’interroge aussi Geoffroy Didier, secrétaire général adjoint de l'UMP, dans un communiqué.
Enfin, pour Marine Le Pen, Manuel Valls porte aussi sa responsabilité… en ayant autorisé la manifestation. Pour elle, « au vu des débordements de la veille », le rassemblement aurait tout simplement dû être annulé.

|||

En raison de nombreux débordements, nous avons fermé les commentaires liés à cet article. Pour plus de précisions sur les règles encadrant les réactions publiées sur RMC.fr, conformément à la loi, nous vous invitons à lire l'article 8 des conditions d'utilisation de nos sites.
Merci pour votre compréhension. La Rédaction

Mathias Chaillot avec Johanne Burgell et agences