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Cristina, jeune rom sans papiers, meilleure apprentie de France

Cristina Dimitru, meilleure apprentie de France

Cristina Dimitru, meilleure apprentie de France - -

Pour la deuxième année consécutive, le concours des meilleurs apprentis de France a distingué ce jeudi une jeune femme d'origine rom. Cristina Dimitru, 18 ans, jusqu’ici sans papiers, a reçu au Sénat la médaille d'or dans la catégorie "pressing". Enfin régularisée, elle raconte son parcours, avec fierté.

Sa médaille d'or de meilleure apprentie de France autour du coup, Cristina Dimitru a appris hier jeudi une autre grande nouvelle : la préfecture de Loire-Atlantique va lui remettre ce vendredi un titre de séjour lui permettant de résider et travailler en France. « Je suis vraiment contente ! Mon avenir va être un peu plus rose », se réjouit-elle.

Une caravane, sans eau ni électricité

Un rêve qui se réalise après des années de galère. Arrivée de Roumanie en 2005 avec sa famille, Cristina a vécu longtemps dans une caravane, sans eau, ni électricité. Les demandes de régularisation de sa famille, pourtant insérée – les deux parents travaillent comme saisonniers dans des entreprises de maraichage et sont aujourd’hui logés dans un appartement –, ont toutes été rejetées.
Pour s'en sortir, Cristina a tout misé sur l'école : « C’était très dur au début, j’ai travaillé deux fois plus que les autres ». Et ça a payé, puisqu’elle est maintenant la meilleure apprentie de France. Alors hier au Sénat, elle était très émue lorsqu'elle a reçu sa médaille : « J’étais très fière ; c’est une expérience que je n’oublierai jamais. C’était aussi un honneur d’être au Sénat, voir les décorations ».

« Je veux donner une belle image des Roumains »

Désormais Cristina a confiance en l'avenir : « Je vais pouvoir passer mon permis et continuer mes études ». Elle prépare un CAP vente. « Je veux donner une belle image des Roumains, montrer que si on veut réussir dans la vie, il faut travailler ». Un espoir que Nathalie Arnold, présidente de l'association solidaire Roms Nantes-Est, qui accompagne la famille de Cristina depuis son arrivée à Nantes en 2005, partage : « C’est aussi important par rapport à d’autres jeunes Roms autour d’elle, qui sont toujours en galère et ne comprennent pas forcément les enjeux de la scolarité. Je crois qu’elle témoigne de ça ; je l’ai déjà entendue dire plusieurs fois à d’autres jeunes l’importance pour elle de pouvoir se projeter ensuite dans un métier, parce que ça peut faire avancer les choses. Il faut espérer que c’est une première et qu’il y en aura bien d’autres derrière ».

« Servir la cause plus large de l’immigration »

Christophe Sauvet, vice-président de l'association nationale des gens du voyage catholique, accompagne aussi la famille de Cristina depuis 2005. Et il souhaite que son histoire puisse « servir la cause plus large de l’immigration. Je trouve important, pour aider tous ces jeunes, qu’on régularise cette main d’œuvre étrangère dont on a besoin, qu’on ne la laisse pas livrée à elle-même et qu’on puisse lever des barrières et des freins à leur intégration ici dans notre pays ».
Les parents et le petit frère de Cristina sont eux toujours sans papiers.

La Rédaction, avec Eléna Le Runigo