BFMTV

Crèche de Noël interdite: le conseil général de Vendée fait appel

Une crèche de Noël a été retirée, au conseil général de Vendée, à la suite d'une décision du tribunal administratif de Nantes. (Photo d'illustration)

Une crèche de Noël a été retirée, au conseil général de Vendée, à la suite d'une décision du tribunal administratif de Nantes. (Photo d'illustration) - Sébastien Nogier - AFP

Au nom du principe de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, un tribunal avait ordonné le retrait d'une crèche de Noël installée dans le hall du conseil général de Vendée. Le département a décidé vendredi de faire appel, déclarant qu'il irait "jusqu'au bout", y compris "devant la cour européenne des droits de l'Homme, s'il le faut".

Le conseil général de Vendée a officialisé vendredi sa décision de faire appel du jugement du tribunal administratif de Nantes, qui l'enjoint de retirer une crèche de Noël installée dans le hall de l'hôtel du département, au nom de la laïcité, a-t-il annoncé vendredi.

"Ce matin, la commission permanente du conseil général de la Vendée a décidé officiellement de faire appel du jugement du tribunal administratif de Nantes, interdisant la crèche de l'hôtel du département", écrit-il dans un communiqué.

"Tradition populaire"

"Le conseil général considère en effet qu'il n'a absolument pas contrevenu au principe de laïcité, car la crèche fait partie depuis des siècles des traditions populaires et de l'imaginaire des Français. C'est ce que pensent aussi les très nombreux Français, croyants ou non, qui ont manifesté leur soutien par courrier, téléphone, sur les réseaux sociaux ou dans les médias", ajoute le communiqué.

Cette crèche de la nativité avait été retirée du hall de l'hôtel du département, où elle est installée chaque année avant les fêtes de Noël, le 2 décembre, après une décision du tribunal administratif datant de fin novembre, a précisé le conseil général.

"Le Conseil général ira jusqu'au bout"

La justice administrative avait été saisie en 2012 par la fédération de la Libre pensée de Vendée, au nom de la loi de 1905 et du principe de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Cette décision du tribunal administratif a suscité de nombreuses réactions en France, chez les opposants au "laïcisme" et chez les partisans de l'impératif de neutralité de l'Etat et des collectivités.

"Le débat qui agite notre pays depuis dix jours montre (...) à quel point le laïcisme intégriste pervertit l'esprit de la laïcité à la française. La laïcité a été inventée pour assurer la concorde entre les Français, pas pour les diviser dans des querelles d'un autre temps", déclare dans le communiqué Bruno Retailleau, président (UMP) du conseil général de Vendée. "C'est pourquoi le conseil général ira jusqu'au bout et utilisera tous les recours juridiques possibles, y compris devant la cour européenne des droits de l'Homme s'il le faut", a-t-il ajouté.

C. P. avec AFP