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Corse: blocage de l'université de Corte et grève de la faim de onze élèves nationalistes

Paul Salort, président de la Ghjuventù Indipendentista, le 5 avril 2017 à Corte (Haute-Corse)

Paul Salort, président de la Ghjuventù Indipendentista, le 5 avril 2017 à Corte (Haute-Corse) - PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

L'université de Corse, à Corte, était bloquée ce lundi à l'appel de trois syndicats étudiants pour dénoncer les annonces faites par Emmanuel Macron lors de sa dernière visite sur l'île. Onze jeunes ont également décidé, dimanche, d'arrêter de s'alimenter en signe de protestation.

Les syndicats étudiants A Cunsulta di a Ghjuventù, Ghjuventù indipendentista, et Ghjuventù Paolina, réunis en assemblée, ont voté dimanche 11 février une grève générale à compter de ce lundi. Quelques jours après la visite sur l'île les 6 et 7 février d'Emmanuel Macron, qui a rejeté les principales demandes des dirigeants nationalistes, les étudiants veulent montrer au gouvernement que la "détermination" de la "jeunesse corse". 

"Arrêter le déni de démocratie"

Dans la foulée, onze étudiants de 18 à 21 ans ont décidé d'entamer une grève de la faim dans le hall de la faculté de droit depuis dimanche soir. Militants au sein des syndicats A Cunsulta di a Ghjuventù et Ghjuventù indipendentista et d'un membre du Partitu di a Nazione Corsa (PNC), ils protestent eux aussi contre la politique de l'Etat dans l'île. 

"Nous voulons montrer au gouvernement notre volonté de ne pas céder un seul pouce sur les revendications - co-officialité de la langue corse, statut du résident, amnistie des prisonniers dits "politiques" - balayées la semaine dernière", explique à franceinfo Paul Salort, président du syndicat nationaliste Ghjuventù Indipendentista.

"Ces revendications ont été validées dans les urnes. Nous demandons à l'Etat d'arrêter le déni de démocratie", poursuit le jeune homme de 20 ans. "Nous n'avons aucune alimentation, même pas de sucre dans l'eau. C'est une grève dure", assure-t-il

Des "perturbations" dans des lycées

Une réunion des trois syndicats à l'origine du blocage de l'université est prévue lundi soir pour décider de la suite du mouvement. Des "perturbations" étaient également enregistrées dans plusieurs lycées de Corse, notamment deux lycées à Ajaccio, un à Porto-Vecchio, deux à Bastia et un en plaine orientale, selon le rectorat. Devant le lycée Fesch d'Ajaccio, une banderole a été déployée sur laquelle on pouvait lire en corse: "France: pays des droits de l'Homme et de la colonisation". 

M.P avec AFP