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Coronavirus : un 2e cas en France, les autorités sanitaires en alerte

Les tests sur d'autres personnes soupçonnées d'avoir contracté la maladie se sont révélés négatifs.

Les tests sur d'autres personnes soupçonnées d'avoir contracté la maladie se sont révélés négatifs. - -

Un deuxième cas de coronavirus proche du Sras a été détecté en France, chez un homme qui a côtoyé à l’hôpital le premier malade. Plusieurs enquêtes sont en cours et des mesures de confinement ont été prises pour leur entourage.

Responsable d'une vingtaine de morts dans le monde depuis l'an passé, le nouveau coronavirus (nCov) proche du Sras est bien en France : les autorités sanitaires ont annoncé des mesures de surveillance supplémentaires après l'annonce d'un deuxième cas d'infection. En plus de l’homme de 65 ans, qui avait contracté la maladie aux Emirats Arabes Unis en avril, un homme de 51 ans, son voisin de chambre à l’hôpital de Valenciennes, a aussi été touché.
L'état de santé du voisin de chambre s'est dégradé samedi, obligeant les médecins à le transférer du service infectiologie vers le service réanimation, sans être placé sous assistance respiratoire contrairement au premier malade. Ce dernier, également hospitalisé en réanimation à Lille, était toujours dans un état « très sérieux » hier samedi, bien que « stabilisé », selon l'hôpital. Reste maintenant à éviter que de nouveaux cas se déclarent.

« Un contact de longue durée et rapproché »

« Trois enquêtes sont actuellement menées par l'Institut de veille sanitaire (InVS) sur les personnes de l'entourage du premier malade, de la deuxième personne atteinte à Lille (Nord) et aussi des personnes qui ont participé au voyage organisé dans la péninsule arabique au cours duquel le premier malade a été atteint » a expliqué la ministre de la Santé Marisol Touraine. Car ce deuxième cas vient confirmer les craintes de la communauté scientifique : ce coronavirus se transmet bien d’homme à homme.
« On a une transmission qui peut se faire d’homme à homme, vraisemblablement aéroportée », explique Benoit Guery, chef du service infectiologie au CHU de Lille. « Il faut un contact qui soit de longue durée, rapproché, et un terrain sous-jacent. Quand on est en bonne santé, on est beaucoup moins sensible au virus que quelqu’un sous traitement qui a une maladie importante ».

« Il y a les moyens de le contenir »

Arnaud Fontanet est responsable de l'unité de recherche d'Epidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur. Si le virus se transmet bien par voie humaine, il estime toutefois que des mesures appropriées peuvent limiter les risques. « Avoir appris avec le Sras qu’un coronavirus de ce type peut être maitrisé avec des mesures de prévention très énergiques nous appelle à être très proactif. C’est-à-dire que toutes les mesures actuellement en cours, d’isolement et de quarantaine, auront un impact important sur la diffusion du virus, et elles sont essentielles. C’est un virus devant lequel il ne faut pas baisser les bras, parce qu’il y a les moyens de le contenir ».

« Recommandations de maintien à domicile »

En tant que Directrice de l’Institut de veille sanitaire, c’est justement le rôle de Françoise Weber de contenir la maladie. Des mesures ont donc du être prises. « Autour du second patient, c’est l’enquête en cours, nous avons identifié 38 personnes, qui sont actuellement contactées. On leur donne des informations, des recommandations sur la façon de se protéger et protéger leur entourage, lavage des mains, port du masque s’il y a des symptômes. Et pour celles qui ont été en contact le plus rapproché avec le patient au moment où il était malade, des recommandations de maintien à domicile pour certaines personnes ».

Mathias Chaillot avec Julien Gonzalez