BFMTV

Coronavirus proche du Sras : 3 nouveaux cas suspectés en France

Les deux hommes ont été hospistalisés et placés en isolement. Les résultats des tests devraient être connus aujourd'hui.

Les deux hommes ont été hospistalisés et placés en isolement. Les résultats des tests devraient être connus aujourd'hui. - -

Trois personnes qui ont été en contact avec l'homme atteint d'une infection respiratoire liée à la nouvelle variante du virus responsable du Sras ont été hospitalisées. Elles pourraient avoir été contaminées, alors que le virus était jugé jusqu'ici non contagieux.

Il n’y aurait peut-être pas qu’un seul cas. Trois personnes qui ont été en contact avec l'homme atteint d'une infection respiratoire aiguë liée à la nouvelle variante du virus responsable du Sras présentent à leur tour des symptômes nécessitant leur hospitalisation.
Deux hommes, un voisin de chambre et un médecin, ont été en contact avec le malade lors de son séjour à l'hôpital de Valenciennes du 27 au 29 avril dernier et ont été signalés jeudi. Tous les deux présentent « des symptômes nécessitant une consultation spécialisée d'infectiologie, complétée de prélèvements et d'une surveillance en hospitalisation en chambre individuelle », a précisé l'Agence Régionale de Santé du Nord Pas-de-Calais. Les deux hommes ont été hospitalisés à Lille et Tourcoing et ont subi des prélèvements dont les résultats seront connus dans la journée. Ce vendredi matin, une infimière de Douai est elle aussi suspectée d'avoir contracté le virus.

« Un virus qui tue à 60% »

Pour le chef du service de microbiologie à l'Hôpital Necker de Paris Patrick Berche, la nouvelle est « inquiétante », car le risque d’épidémie est maintenant réel. « Le SRAS du à ce nouveau coronavirus n’est pas considéré jusqu’ici comme contagieux. Donc s’il l’était, c’est quand même un virus qui tue à 60%. Il y aurait deux personnes qui auraient été en contact avec le patient de Valenciennes, donc c’est une information qui peut indiquer que le virus est contagieux. Peut-être pas très contagieux, mais suffisamment contagieux pour se propager. Et à partir de ce moment, c’est une menace d’épidémie ».

« Ne pas commencer à s’inquiéter »

Des craintes que relativise Benoit Guéry, chef du service infectiologie au CHRU de Lille. « Il ne faut pas commencer à s’inquiéter, car à partir du moment où le coronavirus a été diagnostiqué, il y a des mesures d’isolement mises en place ». A partir de là, estime-t-il, on peut éviter toute propagation de la maladie. « Si on respecte le confinement, il n’y a aucun problème de cas secondaire à craindre, en tout cas pour la population générale. Sur le mode de transmission, tout n’est pas complètement clair aujourd’hui. A priori, on a une transmission par les mains et l’air, d’où les mesures d’isolement, mais ça reste encore à confirmer ».
Le malade, premier cas de cette infection par le nouveau coronavirus en France, est un homme de 65 ans originaire du Nord-Pas-de-Calais ayant séjourné à Dubaï du 9 au 17 avril derniers, et qui se trouve dans un état « inquiétant » selon les autorités sanitaires.

Mathias Chaillot avec Johanne Burgell et AFP