BFMTV

Coronavirus: 43 victimes attaquent l'État en justice

Une infirmière anesthésiste, lors de la désinfection d'une ambulance qui a transporté six malades du Covid-19 évacués vers l'hôpital de Brest, le 24 mars 2020. (Illustration.)

Une infirmière anesthésiste, lors de la désinfection d'une ambulance qui a transporté six malades du Covid-19 évacués vers l'hôpital de Brest, le 24 mars 2020. (Illustration.) - JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Des victimes et ayants droit de morts du Covid-19 demandent de l'État la création d'un fonds d’indemnisation sur le modèle de celui qui a été créé pour les victimes de l'amiante.

Ils sont 43 victimes et proches de morts du Covid-19 à avoir engagé un recours en justice contre l'État. Ils dénoncent la mauvaise gestion de la crise par le gouvernement, révèle Le Parisien. Loin d'eux pourtant l'idée de pointer du doigt les responsables. "Il s'agit d'une action administrative, il n'est pas question de clouer au pilori tel ou tel ministre, mais d'obtenir d'abord un statut de victimes pour nos clients et de réclamer des indemnités devant le prétoire s'il le faut", précise MeLoris Palumbo.

Ils demandent la création d'un fonds d'indemnisation, comme cela a été fait pour les victimes de l'amiante. "Nous interpellons en parallèle le pouvoir. La création d'un fonds d'indemnisation pour les victimes sur le modèle de ce qui existe pour l'amiante notamment serait une réponse intelligence", explique Me Benjamin Abraham Fellous.

Confinement tardif, manque de masques et de tests...

Peut-on faire le parallèle avec l'amiante alors qu'il s'agit d'une pandémie mondiale? "Ce sont les carences et la mauvaise gestion de la maladie qui motivent l'action", assure Me Palumbo. Pour ces victimes, l'État ne les a pas protégées du virus, dont on connaissait déjà l'existence depuis plusieurs mois. Elles dénoncent le confinement tardif, le manque de masques ou encore l'absence de tests au début de l'épidémie dans le pays. 

La mère de Béatrice (prénom d'emprunt) est atteinte d'un cancer. Elle a été contaminée au nouveau coronavirus la veille du confinement. "Si l'on n'avait rien su de ce virus, je me serais résignée à la fatalité mais ce n'était pas le cas", explique-t-elle. "Même Agnès Buzyn a reconnu avoir prévenu le Premier ministre dès janvier. Si le gouvernement avait pris des mesures, j'aurais empêché ma mère d'aller au bridge." Elle est extrêmement inquiète pour la vie de sa mère qui a dû stopper ses séances de chimiothérapie le temps de guérir du coronavirus.

Il y a autant d'histoires différentes que de plaignants mais tous sont convaincus que l'État aurait pu et aurait dû faire mieux pour protéger la population. "Beaucoup de nos clients considèrent que l'État soutient les entreprises qui sont des victimes collatérales du Covid, mais pas les véritables victimes", conclut Me Benjamin Fellous.

Camille Sarazin