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Coronavirus: pour Agnès Buzyn, "il va y avoir des milliers de morts"

Agnès Buzyn le 24 juillet dernier à l'Élysée.

Agnès Buzyn le 24 juillet dernier à l'Élysée. - LUDOVIC MARIN / AFP

L'ex-ministre de la Santé, qui a quitté son portefeuille pour être candidate à la mairie de Paris, affirme par ailleurs avoir prévenu Edouard Philippe en janvier sur le risque sanitaire que représentaient les élections municipales.

Avant d'être candidate à la mairie de Paris pour La République en marche (LaREM), Agnès Buzyn était jusqu'à mi-février ministre de la Santé dans le gouvernement d'Edouard Philippe. Deux jours après le revers subi au premier tour des municipales, où elle a terminé troisième derrière Anne Hidalgo et Rachida Dati à l'issue du premier tour, Agnès Buzyn s'est confiée au Monde, visiblement soucieuse quant à la crise sanitaire actuelle liée à la propagation du coronavirus.

Pour la médecin de formation, "il va y avoir des milliers de morts", s'inquiète-t-elle dans les colonnes du quotidien du soir. Le 24 janvier dernier, Agnès Buzyn n'avait-elle pourtant pas lâché que "le risque de propagation du coronavirus dans la population (était) très faible"?

"Bien sûr, je n'aurais pas dû prononcer ces mots. Mais avant de partir du ministère, j'avais tout préparé, malgré une inertie...", se défend-elle aujourd'hui auprès du même journal.

Agnès Buzyn dit par ailleurs avoir alerté dès le mois de janvier Edouard Philippe quant à un risque sur la tenue du scrutin. "Je pense que j’ai vu la première ce qui se passait en Chine: le 20 décembre, un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges. J’ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir."

Malgré ses craintes, la ministre a décidé de remplacer Benjamin Griveaux au pied levé. Lundi, au lendemain du premier tour des municipales où elle a récolté 17,3% des suffrages parisiens, elle a annoncé qu'elle arrêtait sa campagne, "compte tenu de l'aggravation rapide de la situation sanitaire et de la situation dans les hôpitaux", tout en maintenant, toutefois, sa candidature à la mairie de Paris.

Agnès Buzyn réagit à l'article du Monde

Dans un communiqué mardi après-midi, Agnès Buzyn est revenue sur cette interview du Monde et son contenu. L'ancienne ministre a réaffirmé qu'elle avait "exprimé son inquiétude depuis le premier jour face à l’épidémie qui touche actuellement le pays" mais déclare également que "les formulations employées relèvent de perceptions et d’intuitions personnelles. Ce sont les faits scientifiques qui ont à chaque étape fondé les décisions prises par le Gouvernement".

Elle regrette également "la tonalité de cet article et l’utilisation qui en est fait en cette actualité où tout le pays doit être tourné vers la gestion de crise". "Ces propos, recueillis en pleine crise, doivent être pris dans leur contexte", écrit-elle encore. L'ancienne ministre assure au passage que "le gouvernement a été pleinement à la hauteur des défis pour affronter ce virus et salue la gestion responsable de la crise de tous les responsables et administrations engagées dans la bataille".

Enfin, Agnès Buzyn écrit qu'en tant que médecin de formation, "elle a demandé sa réintégration à l’hôpital d'ici la reprise de la campagne pour venir en soutien de l’ensemble d’une profession pleinement mobilisée pour lutter contre le virus".
Clarisse Martin