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Consommation : pas de label pour les restaurants qui cuisinent des produits frais

Les professionnels voulaient un label spécifique pour les restaurants qui cuisinent des produits frais.

Les professionnels voulaient un label spécifique pour les restaurants qui cuisinent des produits frais. - -

Le projet de loi sur la consommation ne contient finalement pas le volet restauration, destiné à proposer un label aux restaurateurs qui cuisinent des produits frais sur place. La profession ne cache pas sa colère.

Il faudra encore attendre un peu avant d'avoir des menus complètement transparents. Le gouvernement y réfléchissait, il n'a finalement pas prévu de volet « restauration » dans son projet de loi présenté ce jeudi en Conseil des ministres, comme le révélait ce matin RMC. Il était notamment question d'instaurer plus de traçabilité et de clarté dans les menus afin de différencier les restaurateurs qui travaillent les produits de ceux qui se contentent de réchauffer de la nourriture industrielle au micro-onde, une mesure attendue par les Français : selon un récent sondage (avril2013) d'OpinionWay, 96% d’entre eux réclament un étiquetage qui leur permette, quand ils vont au restaurant, de savoir si les plats sont cuisinés sur place ou industriels.

« Le client a besoin de traçabilité »

Pour Pierre-Paul Alfonsi, le président de l'UMIH (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) en PACA, c’est évidemment une déception. « Je pense que le client a besoin aujourd’hui d’avoir une traçabilité. Je veux savoir ce que je mange, la cuisine sous vide, ce n’est pas la même chose qu’une cuisine fraiche, tout en pouvant être très bonne. Mais je veux le savoir. Si c’est surgelé et réchauffé au micro-onde, je dois le savoir », regrette-t-il, interpellant le ministre : « Je pose la question à monsieur Hamon : quelle société vous voulez ? »

« Est-ce que le ministre a baissé son froc devant les lobbys ? »

Car après les scandales de la viande de cheval vendue pour du bœuf, les professionnels du secteur aussi réclament plus de transparence. Certains, à l'image des grands chefs Alain Ducasse et Joël Robuchon, veulent la création d'un label pour distinguer les restaurants de qualité, d'autres demandent tout simplement qu'on en finisse avec les menus opaques et que l'on dise franchement d'où vient le produit, s'il est frais, surgelé, préparé sur place ou non.
C’est d’ailleurs ce que fait Xavier Denamur, à la tête de quatre restaurants dans le quartier du Marais à Paris. Sur ses menus, il met un point d'honneur à indiquer d'où viennent ses produits. « On a eu le problème sur les lasagnes au cheval, pourquoi la restauration ne devrait pas faire partie du package de la loi ? Est-ce que le ministre a baissé son froc face au lobby ? Ils ont mis en place le mariage pour tous, très bien, mais la bonne bouffe pour tous, ça concerne 65 millions de personnes. Et ils ne vont pas le faire ? Ils vont reculer ? C’est hallucinant ».

« Il y aura des amendements »

Pourtant, le député socialiste de Saône-et-Loire Thomas Thevenoud veut rassurer : tout n’est pas encore perdu. « Je sais bien que certains vont dire que le gouvernement ne va pas se mobiliser parce que ce n’est pas dans le projet de loin, mais c’est aussi sur notre rôle de parlementaire de produire de la loi et l’enrichir », rassure l’élu, qui promet que le texte va évoluer. « Il y aura des amendements pour essayer d’aller plus loin, enrichir ce texte, et faire en sorte que le consommateur soit mieux protégé ».

Mathias Chaillot avec Juliette Droz