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Comment se débarrasser des punaises de lit, cauchemar de milliers de Français

Bien qu'elles ne soient pas considérées comme un risque sanitaire, les punaises de lit restent un fléau dont il est parfois bien difficile de se débarrasser. Le gouvernement a décidé d'agir en proposant plusieurs supports d'accompagnement dont un site internet et un numéro dédié.

On les pensait éradiquées depuis les années 1950, les punaises de lit ont fait un spectaculaire retour dans le quotidien des Français. Selon la Chambre syndicale des industries de désinfection, désinsectisation et dératisation (CS3D), près de 400.000 sites ont été touchés par ce fléau en France en 2018, qui provoque, en plus de séquelles physiques visibles, des dommages psychologiques pouvant aller jusqu'à la dépression. 

En réalité, personne ne semble épargné par les punaises de lit. En plus des logements de particuliers, des cas ont été rapportés dans des transports en commun, des hôtels, des salles de cinéma voire des maisons de retraite. Contre cet état de fait inquiétant, le ministre chargé de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, doit présenter ce vendredi un plan de lutte gouvernemental contre ces nuisibles, ainsi que la mise en ligne du site stop-punaises.gouv.fr.

Selon Stéphane Bras, porte-parole de ce syndicat, les facteurs du retour de ce nuisible sont multiples. "Les insecticides puissants utilisés auparavant ont été, heureusement pour l'environnement et l'homme, interdits (dont le DDT, ndlr), et on se retrouve avec les punaises qui reviennent. Il y a également beaucoup de transports, de vols depuis plusieurs continents et elles voyagent avec nous", soulignait-t-il sur les ondes de RMC en juin dernier. 

  • Le chaud et le froid

Et le danger est bien réel. Si une seule femelle arrive dans un logement, quelques mois plus tard, la population d'individus, qui se nourrissent de sang humain, peut monter jusqu'à 500 punaises. 

Pour autant, des solutions existent pour se débarrasser du nuisible. L'État a d'ailleurs mis en place un numéro où seront prodigués les bons gestes à suivre en cas d'invasion: le 0806.706.806. 

"Les punaises de lit rendent la vie compliquée et les solutions sont complexes à mettre en œuvre, vous vous sentez démuni. C’est une campagne d’accompagnement", précise Julien Denormandie à notre antenne. 

Dans un premier temps, il est conseillé de laver sa literie et ses vêtements à une température supérieure à 60°C au moins, ou alors de les congeler dans des sacs poubelles à -20°C pendant au moins 72 heures.

il est également recommandé de nettoyer à la vapeur, ou à plus de 120°C les endroits où les punaises sont les plus susceptibles de se cacher (matelas, sommiers, plinthes...). 

  • La solution naturelle

Mais ces solutions ont leurs limites, et ne garantissent pas la disparition des oeufs de la punaise, qui quant à eux résistent aux produits vendus dans le commerce.

Des solutions biologiques peuvent également être envisagées. Insecticide naturel, la terre de Diatomée est facilement trouvable dans le commerce et, à faible dose, entre 10 et 200 micromètres, est un bon outil contre les punaises de lit. Elle est souvent utilisée dans les logements où vivent des animaux de compagnie, afin de ne pas mettre la santé de ces derniers en danger. 

"Il faut l'utiliser avec parcimonie, et dans des endroits cachés", précise toutefois Stéphane Bras. 
  • L'option professionnelle

Si la situation persiste, il devient alors nécessaire de faire appel à des professionnels spécialisés dans la détection. Ces derniers devront utiliser des produits forts, qu'on ne trouve pas à la vente dans le commerce, et qui qui nécessitent de quitter le logement pendant au moins 5 heures. 

Une solution qui a un coût, puisqu'en moyenne, on estime de 7 à 10 euros le prix du traitement par m². Toutefois, le gouvernement souligne qu'il est important que l'entreprise employée soit titulaire "du certificat Certibiocide délivré par le ministère de la Transition écologique et solidaire depuis moins de 5 ans."

"A terme, il faut que les contrats d’assurances de location puissent couvrir ce risque. C’est compliqué mais on en discute, on a mandaté une parlementaire pour cette question du financement", précise encore Julien Denormandie. 
  • Attention aux arnaques

Avant d'opter pour la solution la plus onéreuse, le CS3D conseille d'éviter certains écueils. Outre le choix d'une entreprise certifiée, il est également recommandé de réaliser plusieurs devis car certaines entreprises pourraient faire gonfler le prix de leur intervention. Au niveau des dépenses, les frais de déplacement sont également à surveiller. 

En ce qui concerne les locataires, ils sont en principe protégés par l'article 142 de la Loi Elan, qui souligne que "le bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé, exempt de toute infestation d’espèces nuisibles et parasites."

En outre, en cas d'invasion a posteriori, les frais de décontamination seront à la charge du locataire. 

Hugo Septier