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Comment le gouvernement explique sa décision d'avoir rapatrié 5 enfants de Syrie

Les cinq enfants sont orphelins. (Image d'illustration)

Les cinq enfants sont orphelins. (Image d'illustration) - AFP

Cinq enfants français ont été rapatriés ce vendredi de Syrie. Orphelins de mère ou de leurs deux parents, ces trois frères et ces deux petites filles ont été extraits par des militaires français avec l'aide des forces kurdes de différents camps de la région. Une décision prise "au cas par cas".

La décision a été prise "au cas par cas" pour chaque enfant "au nom des intérêts supérieur de l’enfant", souffle une source proche du dossier. Ce vendredi, un avion a atterri à la base de Villacoublay, dans les Yvelines, avec à son bord cinq enfants français rapatriés de Syrie. Orphelins de mère pour trois frères, âgés de 1, 3 et 5 ans, et de leurs deux parents pour les deux fillettes, ces enfants vont d'abord être pris en charge par des équipes médicales avant d'être placés dans un foyer ou dans une famille d'accueil.

Alors que mercredi encore, Laurent Nunez, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur assurait qu'un tel retour n'était pas envisagé, la décision de rapatrier ces cinq enfants de jihadistes a été prise lors du dernier conseil de défense et actée par le président de la République. Parmi eux, les trois fils d'un jihadiste allemand et de Julie Maninchedda, une Lilloise probablement morte au mois de janvier, et dont la grand-mère réclamait leur retour. Le plus jeune, âgé de seulement un an, a le visage creusé de cicatrices par des éclats d'obus.

Il n’y a "pas de changement de doctrine" disent nos interlocuteurs, les Français adultes, djihadistes combattants "doivent être jugés là où ils ont commis leurs crimes: C’est une question de justice et de sécurité", insiste une source proche du dossier.

Décision inattaquable

Ce premier retour d'enfants français de Syrie, organisé par Paris, s'explique par la situation familiale de ces enfants, orphelins, et repose sur la Convention internationale des droits de l'enfant du 20 novembre 1989. "Tout enfant qui est temporairement ou définitivement privé de son milieu familial, ou qui dans son propre intérêt ne peut être laissé dans ce milieu, a droit à une protection et une aide spéciales de l'Etat", dit ce texte sur lequel s'appuyaient encore cette semaine les avocats Marie Dosé et Henri Leclerc dans leur pétition lancée pour faire revenir ces enfants.

Le gouvernement était toutefois le seul compétent pour prendre la décision d'un rapatriement. Une volonté qu'il peut exprimer soit au nom de la protection consulaire pour les ressortissants nationaux, soit par un acte de gouvernement, qui échappe à tous recours juridiques. En clair, cette mesure de rapatriement, ou à l'inverse de non-rapatriement, ne peut être attaquée en justice en France par les parents qui demandent leur retour ou encore ceux qui pourraient s'y opposer, notamment dans le cas des jihadistes français qui refusent de rentrer.

L'Etat a aussi la possibilité de rapatrier ces enfants même en cas de désaccord des parents, s’ils sont en situation de danger ou si les deux parents sont morts.

Justine Chevalier