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Clichy-sous-Bois: dix ans après, la douleur toujours présente

Une allée a été baptisée "Zyed Benna et Bouna Traoré".

Une allée a été baptisée "Zyed Benna et Bouna Traoré". - Joel Saget - AFP

Le 27 octobre, deux adolescents, Zyed et Bouna, décédaient, électrocutés, après s'être réfugiés dans un transformateur électrique pour échapper à un contrôle de police. Des centaines de personnes se sont rassemblées mardi pour leur rendre hommage.

Des bougies "à l'heure où la lumière s'est éteinte il y a dix ans". Le 27 octobre 2005, la ville de Clichy était marqué d'une drame: la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, deux adolescents. Des centaines de personnes ont commémoré mardi à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, l'anniversaire de leur mort, qui avait précédé trois semaines d'émeutes en France.

Ce jour-là d'octobre 2005, à 18 heures, ces deux collégiens de 17 et 15 ans périssaient électrocutés après être entrés dans un transformateur électrique pour échapper à un contrôle de police.

"Il y a dix ans, il y a eu un drame national", a déclaré devant une stèle située à côté du collège où ils étaient scolarisés, Siyakha Traoré, grand frère de Bouna.

"Statut de victime"

Entouré de sa famille, de celle de Zyed, du ministre de la Ville, Patrick Kanner et du maire socialiste de Clichy, Olivier Klein, cet homme aujourd'hui trentenaire, très ému, a tenu à remercier ceux qui ont fait qu'ils sont "encore debout". "En dix ans, ce qui a changé c'est nous, c'est vous. On a perdu Zyed et Bouna mais j'ai vu cette solidarité, cette gentillesse. On doit se mélanger pour être une belle couleur", a-t-il poursuivi.

Regrettant la relaxe, en mai dernier, des deux policiers qui étaient jugés pour non-assistance à personne en danger, il a demandé "aux plus jeunes" de "ne pas refaire des émeutes" et "d'être fiers d'avoir tenu jusqu'au bout".

"On s'est battu pendant dix ans pour leur donner le statut de victime, pas celui de délinquant cambrioleur de chantier", a renchéri Adel Benna, estimant que son frère Zyed était "mort pour rien".

Une allée au nom des deux ados

"Un manque de fraternité a peut-être conduit à cette tragédie", a jugé de son côté le ministre, estimant que "la méfiance tue, il faut se respecter". "Gardons-les au fond de nos coeur, au fond de nos mémoires, ils nous rendront meilleurs", a-t-il poursuivi.

Avant les dépôts de gerbe et une minute de silence, une allée menant de la mairie de cette commune populaire de la banlieue parisienne au collège Robert Doisneau a été baptisée "Zyed Benna et Bouna Traoré" pour que "les centaines de personnes qui empruntent cette route chaque jour gardent leurs noms en mémoire", a déclaré Olivier Klein.

Samir Mihi, responsable de l'association de soutien aux familles, Au-delà des mots, a ensuite enjoint à allumer des bougies "à l'heure où la lumière s'est éteinte" il y a dix ans, leur décès provoquant une gigantesque coupure de courant.

la rédaction avec AFP