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Clichy-la-Garenne: les Femen expulsées de leur QG

Le QG des Femen à Clichy, le 20 avril 2014.

Le QG des Femen à Clichy, le 20 avril 2014. - -

Les Femen occupaient les locaux d'une usine illégalement. elles ont été condamnées à une amende de 7.400 euros. Les militantes réfléchissent à une autre option et envisagent de s'installer dans une église ou dans l’Hôtel de Ville de Paris.

La justice a décidé lundi d'expulser les Femen de leur QG, établi illégalement dans les locaux d'une usine de traitement des eaux à Clichy-la-Garenne, dans Hauts-de-Seine, a-t-on appris auprès de l'avocat du mouvement féministe.

Le tribunal d'Asnières-sur-Seine a prononcé leur expulsion "sans délai" de ce local et les a condamnées à payer la somme de 7.398,94 euros, pour l'utilisation de l'électricité, selon Me Marc Ganilsy.

"Ce n'est pas une surprise, mais c'est une décision sévère", "un traitement spécial réservé aux Femen", a réagi Inna Shevchenko, chef de file des Femen à Paris. "Ce n'est pas normal d'expulser les gens de cette façon, nous n'avons même pas une semaine de délai", a-t-elle regretté, assurant que le mouvement n'opposerait pas de résistance à l'expulsion. Son avocat étudie cependant la possibilité d'un recours.

"Nous occuperons une église de Paris"

Aujourd'hui à la rue, les Femen réfléchissent "à d'autres options" pour leur nouveau QG. "Nous occuperons une église de Paris, ou pourquoi pas l'Hôtel de Ville de Paris", "pour continuer notre action", a dit Inna Shevchenko.

"Anne Hidalgo nous avait envoyé une lettre de soutien lorsque notre précédent local avait brûlé", en juillet 2013, "nous croyons que même si elle est devenue maire, elle n'aura pas peur de nous soutenir encore", a-t-elle ajouté. Les militantes aux seins nus s'étaient installées début novembre, sans autorisation, dans ces bureaux vides, propriété du Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP).

"Elles ont pénétré de force dans le bâtiment et cette occupation est dangereuse car les lieux sont vétustes, insalubres et amiantés", avait plaidé à l'audience du 26 mai l'avocat de la SIAPP, demandant "l'expulsion immédiate" des féministes.

La nécessité de vivre ensemble

De leur côté, les Femen avaient mis en avant "la nécessité de vivre ensemble pour se protéger contre les attaques de certains mouvements extrémistes".

Ce déménagement à Clichy-la-Garenne était intervenu quelques mois après l'incendie de leur précédent QG situé dans une salle de théâtre parisien, le Lavoir Moderne. Le feu, d'origine accidentelle selon les constatations de la police, avait débuté dans la chambre d'Inna Shevchenko et endommagé une partie des locaux.

Le mouvement, créé en 2008 en Ukraine, s'est rendu célèbre par les manifestations souvent spectaculaires de ses activistes. Régulièrement prises à partie, les Femen, accusées d'islamophobie, essuient aussi les vives critiques de mouvements d'extrême droite.

V.R. avec AFP