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Cinq secrets sur le beaujolais nouveau

Le beaujolais bouveau est extrêmement apprécié au Japon, où sont exportées près de 7 millions de bouteilles chaque année.

Le beaujolais bouveau est extrêmement apprécié au Japon, où sont exportées près de 7 millions de bouteilles chaque année. - Toshifumi Kitamura - AFP

Depuis plus de 60 ans, ce vin primeur cultivé dans le Rhône et en Saône-et-Loire a su devenir un véritable phénomène international, très apprécié jusqu'au Japon, qui en importe 7 millions de bouteilles par an. Pourtant, il reste encore assez méconnu des Français, qui le jugent durement.

"Le beaujolais nouveau est arrivé!" Cette phrase rituelle, c’est dans la nuit de ce mercredi à jeudi que vous aurez la possibilité de la prononcer mais attention! A minuit pile, et pas une minute plus tôt.

En effet, comme chaque troisième jeudi du mois de novembre, arrive le millésime 2014 de ce vin primeur d'appellation d'origine contrôlée (AOC) produit dans deux départements de France, le Rhône et la Saône-et-Loire. Une tradition qui, depuis 1951, a su dépasser le cadre de l’Hexagone pour devenir un événement international.

Alors avant de poser une RTT en cette fin de semaine, voici cinq choses méconnues sur ce breuvage à consommer avec modération, et que l’on surnomme familièrement le "beaujolpif'".

1. C'est le premier vin de la mondialisation

"Le beaujolais nouveau dans le monde du vin, c'est un peu ce que l'iPhone représente pour l'univers des smartphones", s'amuse à comparer Jean Bourjade, délégué général de l'Inter-Beaujolais. En effet, avant le beaujolais nouveau, aucun autre vin n'avait réussi à s'exporter autant dans le monde. "Si vous cherchez le point le plus éloigné de la France sur le globe terrestre, vous devriez tomber sur quelque chose comme les îles Fidji. Or, chaque année, on envoie du vin là-bas où il est célébré également à minuit pile", se félicite ce spécialiste.

Ce développement, entamé dans les années 1970, est d'autant plus extraordinaire que le beaujolais nouveau est produit sur un vignoble plutôt petit comparé à d'autres situés près de Bordeaux, par exemple. 

2. Festif, simple et accessible

Comment expliquer un tel succès pour ce vin en particulier? Qu'est-ce qui le différencie tant des autres? "C'est un vin unique, qui peut être mis en marché extrêmement rapidement grâce à son cépage, le gamay", répond Jean Bourjade. "Beaucoup d'autres vins n'ont pas cette capacité, car ils ont besoin de temps pour s'arrondir, et devenir agréables à boire", précise-t-il. 

Ce n'est pas tout: au fil des années, le beaujolpif' a su se doter d'une image de vin de fête en plus d'être accessible. "Il est facile à boire et il ne faut pas de grandes connaissances pour pouvoir l'apprécier", ajoute le délégué général de l'Inter-Beaujolais. "Certains peuvent l'aimer dès la première gorgée".

3. Il cartonne au Japon et aux Etats-Unis 

Le côté abordable du beaujolais nouveau en fait un vin très apprécié au Japon, où les amateurs n'hésitent pas à se baigner dedans chaque troisième jeudi du mois de novembre. "Dans ce pays, quasiment tous les consommateurs de vin ont commencé par boire du beaujolais nouveau, c'est l'initiation par excellence pour eux", note Jean Bourjade. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: en 2013, l'archipel nippon a importé 52.183 hectolitres de ce nectar, soit 7 millions de bouteilles.

Dans des proportions moins importantes, les Américains en raffolent également. D'autant plus que le hasard du calendrier fait plutôt bien les choses outre-Atlantique: sept jours pile après l'arrivée du beaujolais nouveau, soit le quatrième jeudi du moins de novembre, la fête de Thanksgiving, suivie par tous les Américains, permet à ce petit vin du Rhône et de Saône-et-Loire d'accompagner très souvent ce grand repas familial. Là-bas, ce sont 1,8 million de bouteilles qui sont exportées chaque automne.

4. Beaucoup d'idées fausses courent à son sujet

Souvent relégué au stade de "piquette" avec un arrière-goût de banane, les Français sont durs dès qu'il s'agit de juger le beaujolais nouveau. De fait, les idées fausses à son sujet sont nombreuses. 

Au sujet de sa saveur tout d'abord, le beaujolais nouveau a "un goût de vin", précise dans un sourire Jean Bourjade. "Chaque année, la question qui revient le plus est 'quel goût a le beaujolais nouveau?'", se remémore-t-il. "Or, il n'y en a pas qu'un seul, on compte près de 2.500 beaujolais nouveau et beaujolais-villages différents mis sur le marché chaque mois de novembre". Chacun avec des caractéristiques qui leur sont propres, donc.

C'est par ailleurs un vin qui peut se conserver. "Les gens pensent qu'il faut le boire vite, c'est faux et archi-faux", corrige notre expert. "Conservé comme il faut, dans une cave, allongé, il peut être gardé un, deux, voire même trois ans".

5. Et le millésime 2014, alors?

Officiellement, il est interdit de déboucher une bouteille de beaujolais du dernier millésime avant le troisième jeudi de novembre à minuit et ce, quel que soit le fuseau horaire. A l'exception des professionnels du vin, qui ont déjà eu l'occasion de le déguster. 

A ce titre, Jean Bourjade se montre plutôt enthousiaste au sujet de cette nouvelle livraison. "Nous allons sur des vins élégants, gourmands, et équilibrés", se réjouit-il. "Ils ont également une certaine longueur en bouche, ce qui assez rare pour du beaujolais nouveau". 

En bonus: comment épater vos amis

En bonus, si vous ne vous y connaissez pas beaucoup en oenologie mais que vous souhaitez épater vos amis ce mercredi soir, vous pouvez dire que le gamay, l'unique cépage utilisé pour faire du beaujolais nouveau, est un cousin génétique du pinot noir, très cultivé en Bourgogne.

Une fois le vin en bouche, évitez de dire qu'il est tannique, puisque ce n'est pas le cas, mais vous pouvez dire que le beaujolais nouveau est "gouleyant", qu'il se boit facilement, et que c'est un vin qui possède beaucoup de "rondeur". 

Pour juger au mieux la couleur de ce vin primeur, il faut remplir un verre au tiers, le pencher sur le côté, et attendre de voir le précieux nectar toucher le rebord du verre. "Il dévoilera alors une couleur rouge violacée", révèle encore Jean Bourjade. A la vôtre, avec modération.

https://twitter.com/jmaccaud Jérémy Maccaud Chef d'édition BFMTV