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Chrétiens, juifs et musulmans vont défiler ensemble contre le mariage homo

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Samedi, des représentants des trois grands cultes défileront contre l’ouverture du mariage aux homosexuels. « C’est une atteinte à la conception même de l’homme », estime le recteur de la Grande Mosquée de Lyon.

Ils ont prévu d’être des milliers, samedi dans les rues, contre l’ouverture du mariage aux couples homosexuels. A l'appel du collectif "La Manif pour tous", des défilés seront organisés dans une dizaine de villes, de Rennes à Paris en passant par Lyon et Marseille. Ce collectif, proche des milieux catholiques, a toutefois réussi à réunir les représentants des trois principaux cultes monothéistes.

« On ne peut pas rester inactif parce qu’on est juif, musulman, ou chrétien »

A Lyon par exemple, le cardinal-archevêque Barbarin pourrait participer à cette marche à côté du recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Kamel Kabtane. « C’est un problème de société, et on ne peut pas rester inactif parce qu’on est juif, musulman, ou chrétien, estime ce dernier. Nous croyons en Dieu et nous sommes à ce niveau-là tous solidaires de l’idée qu’un enfant a un père et une mère. C’est sur ces principes-là qu’on se retrouve, les principes fondamentaux sont les mêmes. Nous croyons tous en un même dieu, en l’homme, et aujourd’hui, pour nous, un homme, un animal, un végétal, ne se conçoivent qu’entre un mâle et une femelle. Vouloir faire croire ou vouloir faire dire qu’un enfant peut se concevoir avec deux êtres du même sexe, c’est une atteinte à la conception même de l’homme ».

« Quand je lis la bible, je lis "aimez vous les uns les autres" »

Dans le même temps, la riposte s'organise. Jeudi à Paris, environ un millier de personnes ont manifesté contre l'homophobie devant l'hôtel de ville en effectuant un grand "kiss-in", autrement dit une grande séance d'échange de baisers.
A 19h, au son d'un coup de sifflet, les manifestants, homos et hétéros, se sont lancés dans un long baiser de cinq minutes. « Toutes les associations empreintes d’un certain intégrisme, on ne leur laisse pas la place : la sensualité contre la bêtise et la haine », racontent Pierre et Jonathan, rencontrés devant l’Hôtel de ville. A leurs côtés, Aurélia et Mathilde : « J’ai commencé à perdre la foi le jour où je me suis rendue compte que les gens qui allaient à l’église étaient des gens qui ne retenaient pas le bon message. Moi quand je lis la Bible, je lis "aimez-vous les uns les autres, ne jetez pas la première pierre" », raconte l’une d’elles. D’autres rassemblements de ce type sont prévus samedi dans une vingtaine de villes.

M. Chaillot avec Jamila Zeghoudi