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« Chantal n'a plus le choix qu'entre souffrance et suicide »

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La justice n’a pas accédé à la demande d’euthanasie de Chantal Sébire. Elle ne fera pas appel mais semble déjà savoir comment mettre fin à ses souffrances.

Chantal Sébire ne fera pas appel de la décision du Tribunal de Grande Instance de Dijon (Côte d'Or) qui a rejeté hier sa demande d'euthanasie. Cette mère de famille de 52 ans est atteinte d'une tumeur des sinus incurable, qui la défigure et la fait atrocement souffrir. Le juge estime que la requête de Chantal Sébire s'oppose au code de déontologie médicale, qui interdit à un médecin de donner délibérément la mort, et au code pénal qui condamne l'assistance et l'aide au suicide.
Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), soutient Chantal Sébire. Il se dit « très triste pour Chantal car les alternatives qui lui sont données sont choquantes ». Selon lui, « aujourd'hui elle a le choix entre continuer à souffrir en attendant une mort inéluctable et avoir un suicide violent puisqu'on refuse de l'aider ». Il explique que « tout ce qu'elle demandait c'était un suicide assisté, qu'on l'aide par un geste d'amour, alors qu'on lui propose une peine de souffrance à vie ».

Un appel à Sarkozy

De son côté, Maître Gilles Antonowicz, l'avocat de Chantal Sébire, lance un appel à Nicolas Sarkozy : « Vous êtes dans la rupture, et bien osez, osez demander à votre gouvernement de s'emparer de la question et déposer un projet de loi à l'Assemblée Nationale ». Il souhaite que Nicolas Sarkozy « nous dote d'un législation comparable à celle qui existe en Belgique et en Hollande ». Il estime qu'il faut « sortir de l'hypocrisie car on sait qu'il y a entre 10 et 15 000 euthanasies pratiquées par an en toute illégalité ».
En France, la loi instaure un droit au laisser mourir, mais ne permet pas aux médecins de pratiquer une euthanasie active.

Aux Pays Bas et en Belgique l'euthanasie est légale : à la demande du malade, un médecin peut injecter un produit mortel au patient en fin de vie. En Suisse, seul le suicide médicalement assisté est autorisé : le médecin fournit au malade une substance mortelle, mais c'est le patient lui-même qui l'avale. L'euthanasie et le suicide assisté ne sont autorisés qu'à des conditions très strictes : la demande du patient doit être répétée dans le temps, sa maladie incurable, ses souffrances insupportables.
Selon son entourage, Chantal Sébire va prendre une décision dans les jours qui viennent. Ce week-end, elle disait : « Je sais maintenant comment me procurer ce dont j'ai besoin, et si je ne me le procure pas en France, je me le procurerai ailleurs ».

La rédaction et Céline Pitelet