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Ces « voisins vigilants » qui font polémique

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Enquête sur les "Voisins vigilants". Un dispositif qui fait polémique, mais qui a fait baisser la délinquance de 40% dans les Alpes-Maritimes, à en croire les gendarmes...

Quand vos voisins surveillent votre maison... RMC a mené l'enquête sur les "Voisins vigilants". Le principe : les habitants d'un quartier s'organisent en réseaux et dès qu'ils voient quelque chose qu'ils jugent anormal (voiture, scooter suspects, un inconnu qui traîne...) ils avertissent leur "voisin référent", qui fait remonter l'information aux gendarmes. Un dispositif qui suscite quelques inquiétudes, mais qui aurait fait baisser la délinquance de 40% dans les Alpes-Maritimes, d'après les gendarmes.
« La gendarmerie fait ce qu'elle veut de cette info, précise Philippe Younès, le coordinateur des "Voisins-référents" à Spéracèdes, un village de 1 300 habitants près de Grasse, l'une des premières communes à avoir mis en place ce dispositif il y a trois ans. Mais elle a des moyens de recoupement, elle. » Et se voulant rassurant, il ajoute : « Il n'y a aucune action de type dissuasif ou répressif - qui est du travail de la police -, qui est faite par l'un des membres de "Voisins vigilants". Et si par hasard, il y avait un petit cowboy dans le groupe qui serait apparu, on s'en séparerait, bien évidemment. »

« Ça me fait penser à une milice »

Aujourd'hui, une cinquantaine de communes des Alpes-Maritimes ont opté pour ce dispositif citoyen de surveillance. Et cette année, de nouvelles villes vont suivre. Mais des voix s'élèvent déjà contre, comme celle de la Ligue des Droits de l'Homme, qui dénonce les risques de dérapages du dispositif. Henri Rossi, vice-président de la section Cannes-Grasses de la Ligue des Droits de l'Homme : « ils n'osent pas le dire, mais moi ça me fait penser à une milice. Des gens comme ça, qui vont être investis d'un pouvoir qu'ils ne méritent pas et dont ils n'ont pas la véritable formation, ce sont des milices. Il suffit qu'il y ait un abruti dans le lot de ces "Voisins vigilants" et il peut entraîner les pires débordements. »

« Je préfère ça, plutôt que des pitbulls »

De son côté, Joël Pasquelin, maire UMP de Spéracèdes se félicite des résultats de ce dispositif testé sur sa commune : « sur les quartiers couverts par ce concept, [il y a eu] une tentative de cambriolage en 2009. Je préfère nettement ce concept à ce que les gens aient des pitbulls, qui risquent d'entraîner des drames beaucoup plus important ; il vaut mieux diffuser une information ; ça ne fait de mal à personne. »

La rédaction, avec Yann Abback