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Castres: une femme en fauteuil roulant et son chien d'assistance empêchés d'entrer dans un magasin

Mathilde et son chien accompagnateur

Mathilde et son chien accompagnateur - Facebook / 2000 LOL face à la maladie

Le gérant du commerce assure que le handicap de Mathilde n'a rien a voir avec son refus.

La séquence de quelques secondes a scandalisé les réseaux sociaux. Ce lundi, Mathilde, une jeune femme handicapée, s'est vue refuser l'entrée dans un commerce de Castres, dans le département du Tarn, car elle était accompagnée d'un chien d'assistance dont l'entrée aurait été refusée par le gérant.

"Vous ne rentrerez pas chez moi, avec ou sans chien", peut-on entendre ce dernier lancer sur la vidéo, en présence d'un policier municipal appelé pour l'occasion. "J’ai le droit de refuser des clients. Quoi qu’il arrive, réglementation ou pas, vous ne rentrerez pas. Allez hop, du vent!".

Deux visions très différentes

Interrogées par le site Actu.fr, les deux parties de cette histoire ont une version bien différente. Selon Mathilde, la scène s'est déroulée le 14 août, alors qu'elle souhaitait acheter du café dans la boutique nommée Saveurs du Temps.

"Quand je suis arrivée, le patron m’a fermé la porte au nez parce que j’étais accompagnée de mon chien d’assistance, qui me donne pourtant le droit d’entrer dans tous les lieux accueillant du public. Je suis alors restée devant la porte", raconte-t-elle.

Une accusation balayée d'un revers de manche par le propriétaire du commerce, qui quant à lui, assure que le handicap de Mathilde n'a rien à voir dans l'histoire et a porté plainte pour diffamation et propos mensongers.

"Nous sommes un établissement assimilé à l’agroalimentaire puisque nous brûlons le café. L’accès des animaux est donc réglementé. (...) Je lui ai demandé de laisser son chien dehors, le temps qu’elle fasse ses courses. Elle est alors de suite montée dans les tours, a essayé de me bousculer et de m’insulter. Elle a ensuite bloqué la porte pendant plus d’une demi-heure à tel point que la police est intervenue", contre-attaque ce dernier.

Pour Mathilde, qui a également porté plainte, le commerçant "n’arrivait pas à admettre que son établissement était un lieu qui accueillait du public et que j’étais dans mon droit. Il a même refusé de lire la loi que je lui ai pourtant présentée."

"Une discrimination, une humiliation honteuse"

Vue plus de 2 millions de fois souligne encore Actu.fr, la vidéo a eu un retentissement tel que Sophie Cluzel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des Personnes handicapées, a elle aussi réagi sur les réseaux sociaux.

"Exclure une personne en situation de handicap au prétexte que son chien accompagnateur est vecteur de Covid-19 est non seulement une infraction à la loi 135 euros d'amende mais surtout une discrimination, une humiliation honteuse et d'une bêtise sans nom", a-t-elle écrit, dans un message reayé à plusieurs centaines de reprises.

Seul problème, Mathilde et le gérant du commerce n'ont jamais mentionné le coronavirus en évoquant cette séquence.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV