BFMTV
Société

Cannabis thérapeutique: un nouveau collectif de patients réclame une large accessibilité

Du cannabis - Image d'illustration

Du cannabis - Image d'illustration - Robin Beck- AFP

Pour la porte-parole du collectif Espoir (im)patient, "il est essentiel que la voix des patients soit pleinement entendue."

Ce lundi, un collectif de patients espérant un "traitement thérapeutique au cannabis" a plaidé pour pour que la future expérimentation de ce produit se fasse de la façon la plus large possible. Selon ces derniers, cette réflexion est nécessaire afin de répondre à une "attente immense."

Cette plateforme baptisée Espoir (im)patient, officiellement créée dimanche, réclame notamment que "la possibilité de prescrire de tels traitements n'incombe pas seulement aux médecins spécialisés afin de permettre une pleine accessibilité des patients".

Ils demandent aussi que le cannabis thérapeutique soit remboursé par la Sécurité sociale et qu'il puisse être prescrit dans plus de maladies que ce qui est prévu aujourd'hui. En avril, le Premier Ministre Edouard Philippe avait, lors d'un voyage dans la Creuse, estimé qu'il serait "absurde" de ne pas se pencher sur le cannabis thérapeutique.

Modalités à déterminer 

Un comité d'experts réuni par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s'est prononcé en décembre en faveur de "l'usage du cannabis à visée thérapeutique (...) dans certaines situations cliniques" et en cas d'échec des autres traitements, en particulier pour soulager la douleur.

Ce même comité mène en ce moment des auditions pour déterminer "les modalités de mise à disposition du cannabis thérapeutique", dans le cadre d'une future expérimentation. Son avis est attendu fin juin.

"Il est essentiel que la voix des patients soit pleinement entendue dans ce débat car l'attente est immense", insiste Mado Gilanton, porte-parole d'Espoir (im)patient, citée dans un communiqué du collectif.

"Contraints de se placer dans l'illégalité"

Toujours selon elle, "nombre d'entre eux (des patients, ndlr) n'ont aujourd'hui d'autre choix que de pratiquer l'automédication, en pratiquant l'auto culture dans le meilleur des cas, ou au pire, en se fournissant sur le marché noir, sans suivi médical ni garantie sur la qualité des produits", explique-t-elle. 

"Ils sont ainsi contraints de se placer dans l'illégalité avec les risques que cela implique du point de vue judiciaire ou de la sécurité", ajoute Mado Gilanton, par ailleurs présidente d'une association dédiée aux patients atteints de deux maladies rares de la moelle épinière, la synrigomyélie et la malformation de Chiari.
Hugo Septier avec AFP