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Calais: les riverains partagés sur le démantèlement de la "Jungle"

Les autorités vont commencer le démantèlement de la "Jungle" de Calais ce lundi. Soulagés de l'évacuation des migrants, les riverains s'interrogent sur la suite.

Entre apaisement et inquiétudes. Les riverains de la Jungle de Calais sont partagés sur le démantèlement du camp de migrants, qui débutera ce lundi à 8 heures. C'est "un soulagement" pour l'un d'eux, dont la maison est située à côté de la Jungle, selon des propos rapportés par l'Agence France-Presse (AFP).

Régulièrement, certains habitants dénonçaient des clôtures arrachées et des jardins saccagés par les migrants qui tentaient de rejoindre la rocade et donc le port. En novembre 2015, des affrontements éclataient entre les réfugiés et les forces de l'ordre. Les autorités avaient alors décidé de parquer 24h/24 des policiers aux alentours des maisons.

L'après démantèlement en question

Dans cette zone, un centre équestre est aussi devenu un "passage privilégié" pour les migrants. Son propriétaire dénonce le saccage des lieux mais aussi des vols. Il les accuse d'avoir volé "des dizaines de moutons et lapins" et d'avoir "attaqué un cheval". Aujourd'hui, il assure avoir "confiance" en l'opération de démantèlement. 

Il exige cependant des autorités qu'elles soient ensuite plus fermes, "en interdisant les nouvelles installations de migrants sur les lieux: une tente présente sera toujours une tente de trop".

"Un vrai camp salubre"

D'autres se montrent encore plus fatalistes, à l'instar de Richard, gérant d'une friterie dans une rue proche de la "Jungle", route empruntée quotidiennement par des réfugiés pour se rendre en ville.

Ce trentenaire, qui "n'a jamais eu de souci avec les migrants", estime que "le problème, c'est les accords du Touquet, qui font que les Anglais n'assument pas ces réfugiés, qui ne rêvent que de leur pays. Mais en attendant, au lieu de virer les gens de Calais, mieux vaudrait être réalistes et les accueillir dans un vrai camp salubre, ici".

Point de passage privilégié vers l'Angleterre, Calais connaît régulièrement des installations de migrants. Depuis 2002 et la naissance de la première "Jungle", les démantèlements se succèdent.

M.L. avec AFP