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Calais: la jungle se prépare à l'hiver

Les températures baissent, aggravant encore les conditions de vie des migrants de Calais. Tous ne pourront pas être hébergés dans les containers mis à disposition par les autorités.

L’hiver est presque là, et il s’annonce difficile pour les habitants de la jungle de Calais. Les associations présentes dans le bidonville surpeuplé s'inquiètent des conditions de vie de plus en plus précaires des migrants et doutent du dispositif humanitaire prévu par le gouvernement.

Dans le camp, chacun fait avec les moyens du bord pour lutter contre des conditions extrêmement précaires. Scie et marteau à la main, Zaman et Abdulilah, deux migrants afghans, construisent leur propre toit. Malgré les 300 euros investis, soit toutes leurs économies, les deux hommes ne pourront pas isoler leur cabane.

"Le froid, la pluie, c'est un gros problème dans la jungle", déplore Zaman au micro de BFMTV.

Des containers pour 1.500 personnes

Certains migrants ont plus de chances: fin août, l’Etat a décidé d’installer 125 containers, pouvant loger chacun 12 personnes. "On est sur quelque chose de spartiate mais de fonctionnel qui apporte un minimum de confort pour traverser des périodes qui ne seront pas forcément joyeuses", décrit le directeur du centre d'accueil Jules Ferry, Stéphane Duval.

Ces logements formeront un camp clos et abritant au total 1.500 personnes. Mais on estime entre 4.000 et 6.000 le nombre de migrants installés dans la jungle. La mesure est donc jugée insuffisante, les conditions de vie continuent de se détériorer. Les associations réclament la création de dix points d’eau supplémentaires, et la mise en place d’un dispositif régulier de ramassage des ordures.

"On patauge dans la boue. On est dans le vent, la pluie et le froid. C'est encore pire que dans les jungles précédentes", dénonce François Guennoc, de l'association L'Auberge des migrants 

Situation comparable outre-Rhin

En Allemagne, des réfugiés, logés faute de mieux sous des tentes, subissent aussi la dégringolade des températures. En Saxe, dans l'est du pays, la Croix-Rouge, qui veille sur 10.000 réfugiés, a sonné l'alarme. A Hambourg, où 4.000 des 30.000 migrants dorment dans des tentes, certains ont manifesté ces derniers jours pour dénoncer leurs conditions d'hébergement précaires.

Au total, outre-Rhin, au moins 42.000 réfugiés, sur les 305.000 pris en charge par les 16 Etats régionaux, n'ont actuellement pas de toit en dur, selon une estimation du quotidien Die Welt.

A. D. avec Marine Haÿ et AFP