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"Cadavres au sol", "enclos crasseux"... L214 épingle un élevage de cochons du Finistère

Des activistes de l'association L214 lors d'une manifestation à Tours simulant la mise à mort d'un animal, le 31 octobre 2017

Des activistes de l'association L214 lors d'une manifestation à Tours simulant la mise à mort d'un animal, le 31 octobre 2017 - Guillaume Souvant / AFP

Dans une nouvelle enquête diffusée ce jeudi, L214 dénonce les conditions d'hygiène d'un élevage intensif de Bretagne. L'association, soutenue par Yann-Arthus Bertrand dans sa démarche, évoque des animaux "en état de détresse", "enfermés toute leur vie".

L'association de défense des animaux 214 épingle ce jeudi dans une nouvelle vidéo choc un élevage intensif de cochons du Finistère, affilié au groupe Triskalia. On y voit des animaux enserrés dans des cages, en détresse, blessés ou morts.

La séquence est commentée par le photographe et écologiste Yann-Arthus Bertrand qui appelle à demander aux candidats aux prochaines élections municipales de s'engager à écarter la viande issue des élevages intensifs des cantines scolaires, ainsi qu'à augmenter la fréquence des repas sans viande qui y sont servis.

Un élevage "dans un état d'hygiène déplorable"

Les images ont été tournées en septembre dans l'un des plus gros élevages du Finistère, avec 800 truies reproductrices et plusieurs milliers de cochons à engraisser, indique L214 dans un communiqué.

Les bâtiments sont "dans un état d'hygiène déplorable", selon l'association qui évoque des "enclos crasseux", une "accumulation de déjections", "la profusion de mouches. "Des cadavres jonchent le sol (...) Certains sont en état avancé de putréfaction, laissés dans les couloirs et même dans les enclos des cochons, au milieu des animaux vivants", déplore-t-elle dans son communiqué.

De nombreux antibiotiques sont utilisés dont certains classés d'importance critique par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), toujours selon l'association, qui assure que des "hormones de croissance (dexaméthasone) sont également présentes dans l'élevage". L214 dit son intention de porter plainte "pour mauvais traitement et sévices graves sur animaux" auprès du procureur de la République de Brest.

Capture d'écran
Capture d'écran © Site de l'association L214 éthique & animaux

La réponse prudente des acteurs de la filière porcine

Tout en dénonçant "le mode opératoire" de l'association, la coopérative Triskalia, sollicitée par l'AFP, estime que les "animaux blessés auraient clairement dû être séparés des autres dès les premiers signes et soignés dans l'infirmerie prévue à cet effet".

Elle assure cependant que les faits dénoncés "ne reflètent en rien la réalité des élevages au quotidien". Néanmoins, elle indique qu'elle va "procéder à toutes les vérifications nécessaires concernant cet élevage". Triskalia compte 16.000 agriculteurs adhérents et 4.800 salariés.

La préfecture du Finistère a fait savoir à l'AFP qu'elle ne commentait pas "au cas par cas" les vidéos de l'association, renvoyant vers un communiqué diffusé dimanche dans lequel le préfet rappelle que "de nombreux contrôles sont diligentés dans les élevages par les services de l'Etat". Au cours des cinq dernières années, les élevages finistériens ont été la cible d'organisations antispécistes à dix reprises, rappelle la préfecture.

Sur Twitter, le hashtag #MesCochonsEtMoi a été lancé le jour de la diffusion de l'enquête de L214 par plusieurs éleveurs. On peut y voir des acteurs de la filière porcine poster un seflie avec un cochon sur les réseaux sociaux. Le mouvement a pour but de "communiquer positivement en montrant que derrière chaque animal, il y a un éleveur ou une personne qui s’investit pour lui" selon Porcmag. Une initiative critiquée par certains utilisateurs de Twitter, relayés par le compte de L214.

Julia Galan avec AFP