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"Ça aurait pu dégénérer": le policier à l'intérieur du fourgon attaqué à Lyon témoigne

Deux agents de police étaient présents dans le fourgon lorsqu'il a été la cible de multiples projectiles, ce samedi, à Lyon. Olivier, brigadier présent dans le véhicule, raconte comment la situation a brutalement dégénéré.

Dans une vidéo filmée à l'intérieur d'un véhicule de police, deux agents tentent de fuir une manifestation des gilets jaunes à Lyon samedi, alors qu'ils sont la cible de multiples jets de projectiles. A l'intérieur du fourgon, une jeune policière, qui semble terrorisée, et Olivier, un brigadier qui a raconté la scène à plusieurs médias ce dimanche après-midi.

"Au plus vite, il a fallu qu'on parte"

L'homme se dit "surpris" de ce déchaînement de violence. Il explique que lui et sa collègue ont été envoyés sur place, non pas pour une mission de maintien de l'ordre, mais pour sécuriser la manifestation en coupant une voie d'autoroute: "On a été débordés par les manifestants et pour les protéger il fallait couper une bretelle d'autoroute. On s'est retrouvé dans le flot de circulation, et donc impossible d'avancer", dit-il.

Là les jets de projectiles commencent. "Au plus vite il a fallu qu'on parte", raconte Olivier. "La vidéo parle d'elle-même, vous entendez les pavés tout au long de cette séquence. Il y avait notamment une personne venue avec un objet qui a frappé le fourgon, une autre personne qui a sauté sur le capot du fourgon (...) la situation était très tendue."

"On a des casseurs (...) pas des gilets jaunes"

"On a des casseurs tout simplement, on voit bien sur la vidéo que la majorité sont cagoulés, masqués, donc on sait très bien que ce ne sont pas des gilets jaunes. On ne fait pas d'amalgame", explique le brigadier, "on est caillassé, on s'en va".

Il caractérise cette attaque "d'inadmissible". "Il n'y a pas d'excuses à avoir", pour lui il faut que les responsables "assument leurs actes." Le parquet de Lyon a ouvert une enquête concernant des faits de "violences avec arme et en réunion sur personnes dépositaires de l'autorité publique".

Un policier d'un "calme absolu"

"Heureusement que les véhicules s'étaient enlevés devant nous, sinon je pense que ça aurait pu dégénérer un peu", déclare le brigadier, qui se décrit comme quelqu'un "d'une nature assez calme". Interrogé sur BFMTV à propos de cette vidéo, Laurent Nunez, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, a d'ailleurs félicité le "calme absolu" du policier, qui répète tout au long de la séquence à sa co-équipière: "Vas-y avance, c'est pas grave."

"J'ai avec moi une fonctionnaire jeune dans la boîte donc je n'ai pas à rajouter à son stress comme j'ai plus de 20 ans d'expérience. Envenimer la situation n'aurait rien changé, sortir l'arme encore moins. On avait d'autres moyens dont la fuite pour sortir, c'est ce moyen qu'on a utilisé", explique Olivier.

Salomé Vincendon