BFMTV

Finkielkraut insulté par des gilets jaunes: la Licra souhaite se porter partie-civile

Alain Finkielkraut

Alain Finkielkraut - JOËL SAGET / AFP

Alain Finkielkraut a été pris à partie par des gilets jaunes ce samedi en marge du quatorzième samedi de mobilisation. La Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme (Licra) annonce qu'elle a décidé de porter plainte.

"Barre toi, sale sioniste de merde", "grosse merde sioniste", "nous sommes le peuple", "la France elle est à nous"... Samedi, le philosophe et académicien Alain Finkielkraut a été violemment injurié et sifflé en marge de la manifestation des gilets jaunes. 

La Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme (Licra) indique à BFMTV qu'elle va saisir la justice pour les faits dont le philosophe a été victime, une information qu'elle a ensuite rendu publique par le biais de son compte twitter.

"Des faits ignominieux"

Sur notre antenne, Mario Stasi, le président de la Licra a tenu à réagir. "Nous avons saisi le parquet de ces faits ignominieux et nous espérons que la justice sera diligente et que la réponse sera à la hauteur de la gravité du mal", dit-il.

Cet avocat de formation, rajoute que même si les auteurs de ces insultes sont identifiés, ils ne pourront pas être jugés avant quelques années selon la loi de la presse, de 1881, sur la liberté d'expression. Il s'agit pour ce dernier "d'un défaut de législation". "Il faudrait prendre des mesures pour que ces personnes qui tiennent des propos racistes puissent être jugés en comparution immédiate dans les meilleurs délais", estime Mario Stasi. "Il faut mener un combat d'envergure pour lutter contre l'antisémitisme" rajoute l'avocat.

Alain Finkielkraut réfléchit à porter plainte

Dans un premier temps, Alain Finkielkraut a annoncé sur LCI qu'il ne comptait pas porter plainte. Mais il serait finalement en train de "réfléchir" à déposer plainte selon le service police-justice de BFMTV.

Après la diffusion des images où le philosophe est pris à partie, ce dernier a reçu de très nombreux soutiens de la part des politiques, et notamment du président de la République. "Fils d'émigrés polonais devenu académicien français, Alain Finkielkraut n'est pas seulement un homme de lettres éminent mais le symbole de ce que la République permet à chacun", a déclaré Emmanuel Macron sur Twitter, ajoutant que "les injures antisémites dont il a fait l'objet sont la négation absolue de ce que nous sommes et de ce qui fait de nous une grande nation. Nous ne les tolérerons pas".

Mélanie Vecchio