BFMTV

Bois de Boulogne: les travailleuses du sexe dénoncent la loi prostitution sur la pénalisation des clients

Les travailleuses du sexe craignent d'être obligées d'accepter des rapports non protégés ou d'exercer dans des endroits plus isolés où elles sont davantage exposées aux agressions. Une Question prioritaire de constitutionnalité a été déposée.

Neuf associations, dont Médecins du Monde et le Syndicat du travail sexuel (Strass), et cinq travailleuses du sexe ont déposé mercredi au Conseil d'État une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) contre la loi prostitution d'avril 2016 qui pénalise les clients, a indiqué jeudi leur avocat.

Les travailleuses du sexe, dont celles installées dans le Bois de Boulogne, jugent cette loi "préjudiciable", avait révélé en avril une enquête menée auprès de 600 prostituées par des associations et des ONG, dont Médecins du Monde, le Planning familial et le Strass. La pénalisation des clients a, selon elles, fait baisser leurs revenus et les a obligées à accepter des rapports non protégés ou à exercer dans des endroits plus isolés, à l'écart de la police et où elles sont davantage exposées aux agressions.

"Comme c’est le client qui estime subir tous les risques, c’est lui qui impose sa volonté de manière pus importante: des rapports non protégés, ou des prix qui sont bas et tout ça est source de violence, de clandestinité. Les prostitués sont obligées de se cacher, de s’enfoncer plus dans le bois et donc sont plus sujettes aux agressions qu’auparavant", explique à BFM Paris M.Spinosi, avocat de Médecins du Monde.

"Responsabilité politique"

Après le meurtre en août de Vanesa Campos, une prostituée trans tuée par balle dans le Bois de Boulogne alors qu'elle tentait d'empêcher des agresseurs de dépouiller un client, plusieurs associations ont demandé l'abrogation de la loi et dénoncé une "responsabilité politique".

Le Conseil d'État dispose d'un délai de trois mois pour décider de transmettre ou non cette QPC au Conseil constitutionnel. Les Sages, s'ils sont saisis, auront également trois mois pour déclarer la loi conforme ou contraire à la Constitution.

P.L avec AFP