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"Blue whale challenge": "Le dernier défi c'était de se tuer"

Une série de défis absurdes à relever et au bout du tunnel, le suicide. Paul, a vécu le processus d'emprise du "Blue whale challenge", mais a su s'arrêter à temps. Témoignage.

Né sur le réseau social russe VKontakte, équivalent de Facebook, le "Blue whale challenge" ou "défi de la baleine bleue" est une prise de risque potentiellement mortelle pour les 12-16 ans. Il consiste à relever des challenges de plus en plus dangereux jusqu'au sacrifice final: le suicide. La police nationale française avait rappelé il y a quelques semaines que l'incitation au suicide, puisque c'est bien de cela dont il s'agit, est punie d'emprisonnement et d'une forte amende.

Pour l'instant, aucun cas mortel, depuis févier/mars, soit lorsque le "jeu" morbide a fait son apparition en France n'a été recensé sur le territoire. En Russie, une quinzaine de victimes sont allées jusqu'au bout et se sont donné la mort.

Un mélange de curiosité et d'envie de tester ses limites

Paul, adolescent est tombé dans l'engrenage de la Baleine bleue avant de décrocher.

"On savait que ça pouvait aller très très loin et que le dernier défi c'était de se tuer quoi. C'est certes glauque, mais c'est attirant. C'est comme les films d'horreur", raconte l'adolescent.

Pour participer, il avait comme chaque candidat trouvé un parrain qui lui ordonnait chaque jour des "défis" à relever. 

"J'ai contacté un parrain via une amie qui en connaissait un. Dès le lendemain, il nous donne des informations, il nous dit le premier challenge, le deuxième et ça s'enchaîne. Le premier c'était dessiner une baleine. Je me suis arrêté à celui qui consiste à se planter des aiguilles dans les mains. Je ne voulais pas continuer par peur et de savoir qu'ils pourraient me suivre."

Pour Paul, le piège s'était refermé. Les parrains qui exercent leur emprise psychologique sur les participants, les menacent, parfois de mort, s'ils osaient abandonner en cours de route. 

Communiquer pour briser l'emprise

Contre ce phénomène, il faut casser "le lien d'emprise" ,explique Justine Atlan, présidente de l'association e-Enfance. "Il faut expliquer aux jeunes qui reçoivent des menaces de mort, du genre: 'Je vais venir te tuer chez toi', que non, il ne va rien se passer s'ils arrêtent les défis."

Une maman, témoigne Justine Atlan, a découvert dans le journal intime de sa fille que cette dernière "en était au défi 25" et "que [sa] mort était programmée au 25 avril". "On voit bien qu'il y a une détermination très forte pour celui qui choisit d'y aller, de mourir", continue la responsable associative. D'où la nécessité de parler de ce phénomène par des campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires. Il faut à tout prix, disent les professionnels, éviter que ce sujet ne reste tabou.

David Namias avec Kelly Laffin