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Blocages dans les prisons, les syndicats en appellent à Mercier

Plusieurs prisons françaises ont été brièvement bloquées lundi matin par des gardiens demandant des moyens supplémentaires pour ce secteur surpeuplé et sinistré. /Photo d'archives/REUTERS

Plusieurs prisons françaises ont été brièvement bloquées lundi matin par des gardiens demandant des moyens supplémentaires pour ce secteur surpeuplé et sinistré. /Photo d'archives/REUTERS - -

PARIS (Reuters) - Plusieurs prisons françaises ont été brièvement bloquées lundi matin par des gardiens demandant des moyens supplémentaires pour ce...

PARIS (Reuters) - Plusieurs prisons françaises ont été brièvement bloquées lundi matin par des gardiens demandant des moyens supplémentaires pour ce secteur surpeuplé et sinistré, a-t-on appris de source syndicale.

Le syndicat CGT a demandé à Michel Mercier, nommé dimanche pour succéder à Michèle Alliot-Marie comme ministre de la Justice, de recevoir les représentants des salariés et d'ouvrir la discussion sur la question des recrutements et du budget.

"L'accueil est un peu brutal, mais je souhaite qu'il soit à la hauteur de la fonction, réalise qu'il y a urgence et nous reçoive le plus rapidement possible", a dit à Reuters Céline Verzeletti, responsable de la CGT-Pénitentiaire.

Le mouvement a été lancé par ce syndicat, FO et la CFDT mais n'est pas suivi par l'Ufap, première organisation dans les prisons. Des rassemblements se sont déroulés en région parisienne notamment devant Fleury-Mérogis (Essonne), où les forces de l'ordre sont intervenues.

Les syndicats font état d'actions similaires dans les régions à Nancy, Béziers, Perpignan notamment.

Ce secteur est en crise car il faut financer de nouvelles constructions pour remplacer et renforcer le parc actuel des 191 prisons françaises, régulièrement critiquées du fait de leur surpopulation (61.142 détenus au 1er octobre pour 56.000 places) et de leur vétusté.

Ce mauvais état du parc pénitentiaire et un fonctionnement jugé inadéquat par les observateurs indépendants sont considérés comme un des facteurs des 115 suicides en prison en 2009, un record en Europe, ainsi que de nombreux incidents et évasions.

Avec 7 milliards d'euros dont 2,812 milliards pour l'administration pénitentiaire, le budget de la Justice est l'un des plus faibles d'Europe, et il était envisagé sous Michèle Alliot-Marie des mesures allant jusqu'à la suppression de miradors pour optimiser la gestion du personnel.

La CGT estime qu'il manque environ 4.000 agents dans tous les secteurs de l'administration pénitentiaire et elle s'oppose à la concession à de grands groupes privés des prisons neuves, une politique engagée depuis 2007.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse