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Blé, maïs, soja : le prix des céréales explose

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La sécheresse qui perdure aux États-Unis et en Russie provoque des augmentations sur les prix de l’ensemble des céréales. Une situation délicate pour les éleveurs de porcs et de volailles, une hausse des prix dès septembre pour les consommateurs.

Les prix des céréales s’envolent et les conséquences directes sur le consommateur devraient se faire sentir dans quelques semaines à peine. A cause d’une sècheresse en Russie et aux Etats-Unis les prix du blé, du maïs, du soja et du colza ont fortement augmenté depuis le mois de juin. Le maïs par exemple, a augmenté de 50% après la sécheresse aux Etats-Unis, la plus importante de ces 50 dernières années. Les éleveurs de volailles et de la filière porcine ont de plus en plus de mal à y faire face.
François Hollande a demandé samedi dernier qu'une attention particulière soit portée à l'évolution des marchés mondiaux des céréales. « Si les céréales augmentent, c'est toute la production animale qui se trouve en difficulté. On voit bien le risque à terme »

+7 centimes la tranche de jambon

Conséquence : le prix des pâtes, des céréales et de la viande va augmenter dès septembre selon les spécialistes du secteur. Et cela devrait d'abord toucher les produits les moins chers des supermarchés car dans le prix de ces produits la part des matières premières est plus importante que la part du marketing par exemple. Les éleveurs de volailles et de porcs estiment qu'il faudrait augmenter le poulet d'environ 1 euro 50, la tranche de jambon de 7 centimes et le rôti de porc de 56 centimes par kilo. Quant à la baguette de pain, la part des céréales dans le prix final représente moins de 10%. Elle ne devrait donc augmenter que d'un ou deux centimes.

« Augmenter le prix du poulet de 8% à 10% »

René Palomarès, est éleveur de volailles à Saint-Vincent-en-Bresse en Saône-et-Loire et président des volailles fermières de Bourgogne (110 éleveurs, 2 millions de volailles). Avec cette hausse des prix des céréales, il va être obligé d’augmenter ses prix : « Il nous faut 7 kilos de céréales pour faire une volaille "Label Rouge". Nous, on l’achète à la tonne et ça a augmenté de 150 euros la tonne, donc on va devoir augmenter le prix du poulet. Pour ma part, j’ai calculé que ça devrait augmenter de 8% à 10%. Si on ne répercute pas les prix, c’est la fin de mon exploitation agricole et puis c’est tout. C’est le consommateur à la fin qui va payer. On va le faire avec la peur au ventre, que le consommateur se détourne de notre produit à cause du pouvoir d’achat qui est réduit dans notre région. 10% c’est beaucoup, certains ne pourront pas se le permettre. On a peur de perdre nos clients ».

« Il faut que le porc soit payé 2 euros »

Pierre Brosseau, éleveur de porcs à Mesquer en Loire-Atlantique espère voir le prix de vente de ses bêtes augmenter, seule condition pour s’en sortir : « Il faut que le porc soit payé 2 euros aux producteurs alors qu’il est payé 1 euros 60. Si on perd 40 centimes par kilo, on perd 34 euros par porc de 85 kg. Si on veut sauver nos emplois, il faut augmenter les prix c’est un mal nécessaire. Si les consommateurs ne veulent pas payer plus cher leur produits, il n’y en aura plus car il n’y aura plus de producteurs ».

«Il faut comparer les prix »

Yves Puget, directeur de la rédaction du magazine de grande distribution LSA, n’imagine qu’une seule solution pour le consommateur : la comparaison des prix. « Il y a des stratégies très différentes qui sont opérées par les acteurs, explique-t-il. Soit l’industriel prend les hausses sur lui parce qu’il est en bagarre de part de marché. Soit le distributeur accepte de prendre pour lui ces hausses. Soit in fine c’est le consommateur qui paiera. Il faut comparer. Des prix vont augmenter dans certains cas et rester stable dans d’autres. Donc les écarts de prix vont se creuser entre marques et entre enseignes. Il faut comparer les prix ».

La Rédaction avec Cécile Bourgneuf