BFMTV

Biberons, baskets et meubles seraient toxiques !

-

- - -

Des produits dangereux à long terme sont « omniprésents » dans de nombreux objet de la vie quotidienne selon la journaliste Stéphane Horel qui a mené l'enquête.

En 1930, le monde industrialisé produisait 1 million de tonnes de produits chimiques. En 2005, 500 millions. Et « la plupart des produits ont été mis sur le marché sans réels tests de toxicité pour les humains », souligne la journaliste Stéphane Horel, qui y voit « beaucoup de naïveté, de la part des industriels et surtout des pouvoirs publics ». Auteur de « La grande invasion. Enquête sur les produits qui intoxiquent notre vie quotidienne » aux éditions du Moment, elle poursuit : « il y a 30 ans on n'imaginait pas que le plastique d'un biberon pouvait avoir une activité hormonale. Ce qu'on sait aujourd'hui. »

Biberons, baskets, rideaux de douche, meubles, hifi... ils sont partout

Avec 80 000 tonnes par an, la France est le premier pays utilisateur de pesticides en Europe et le troisième consommateur mondial. Et, pour information, un pommier reçoit en moyenne 27 traitements successifs aux pesticides avant la récolte. Mais Stéphane Horel, souligne que « outre les pesticides, il y a des produits comme les phtalates, qui sont des substances utilisées dans les plastiques, qu'on trouve dans les jouets, les rideaux de douche, les baskets. Ces phtalates sont repro-toxiques ; c'est-à-dire qu'ils s'attaquent au système génital masculin, rendent stériles et donnent des malformations génitales.
Dans les biberons, il y a une substance chimique, le bisphénol A, qui se libère avec la chaleur. Et sur les animaux de laboratoire, ça donne des tumeurs, des problèmes de développement, des cancers du sein. Et, quand on achète des meubles neufs faits en bois collé, la colle dégage du Formaldéide dans l'air, qui est un gaz cancérogène. La hifi, elle, contient des retardateurs de flammes bromés qui sont neurotoxiques. Toutes ces choses auxquelles on est exposées à très faible dose tous les jours peuvent avoir des conséquences sur notre santé au bout de 20, 30, 40 ans... »

« Les pouvoirs publics doivent agir »

Forte de ce constat alarmant, Stéphane Horel appelle les autorités sanitaires à agir, et notamment en informant la population : « Le problème c'est qu'aujourd'hui la réponse des pouvoirs publics devient urgente. On ne peut pas demander aux gens de pouvoir décrypter les notices des cosmétiques qu'ils achètent ou de savoir que tout ce qu'ils touchent peut être un problème potentiel. Il faut que les pouvoirs publics et les autorités sanitaires agissent. »

A quand une réglementation ?

Tout en regrettant que les pouvoirs publics n'informent pas la population sur ces dangers, Stéphane Horel fait le point sur la règlementation actuelle autour des produits chimiques : « On est aujourd'hui dans la fin de la phase de pré-enregistrement de la règlementation européenne REACH [Règlement sur l'enregistrement, l'évaluation, l'autorisation et les restrictions des substances chimiques], qui doit répertorier tous les produits chimiques : toutes les entreprises européennes sont censées avoir répertorié et déclaré leurs produits et leurs usages. Ensuite, pour les plus dangereux, l'examen de toxicité se fera assez rapidement. Mais REACH s'étale sur plusieurs années, et il n'y a aucune procédure d'urgence sur les produits les plus dangereux. »

Juliette VINCENT-Bourdin & Co