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Bébés nommés Charlie, y a-t-il un pic?

Assistera-t-on à une explosion des bébés nommés Charlie ou à un recul du prénom? Difficile à dire pour l'instant.

Assistera-t-on à une explosion des bébés nommés Charlie ou à un recul du prénom? Difficile à dire pour l'instant. - Bridget Coila - Flickr - CC

Le prénom Charlie va-t-il connaître un large succès, après les événements du 7 janvier, ou au contraire péricliter?

Il est peut-être encore un peu tôt pour dire s'il y a une vraie tendance. Dans toute la France, les "carnets du jour" dans la presse quotidienne se sont peuplés de petits Charlie, nés après les événements du 7 janvier dernier, comme le souligne le sociologue Baptiste Coulmont, sur son blog.

Gabin, Marius et Charlie

Au milieu des Gabin, des Marius et des Alexandre, ont surgit après l'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo, des bébés nommés Charlie. Des petits Charlie qui sont d'ailleurs beaucoup des petites Charlie, tant le prénom s'est féminisé. Ainsi, à Paris, en 2013, 75 fillettes prénommées Charlie sont nées, contre seulement 37 petits garçons.

Surfant sur l'émotion du moment, la photos de la main de Marcello, fils de Joey Starr, né le 12 janvier, portant un bracelet de maternité estampillé "Je suis Charlie" (il s'appelle en réalité Marcello) a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux.

Baptiste Coulmont, auteur de Sociologie des prénoms, a ainsi recensé une vingtaine de Charlie dans toute la France en seulement dix jours, le prénom étant donné en première, deuxième ou troisième position. A Paris, selon les informations fournies par la mairie, depuis le 7 janvier, un seul enfant portant ce prénom en première position est né. Le prénom est par ailleurs présent treize fois en 2e et 3e position. Le fait de lui donner cette place le rend "invisible aux yeux de presque tous" note le sociologue, mais "permanent". Comme Baptiste Coulmont le souligne dans un cet autre billet sur son blog, la fréquence des prénoms est "sensible aux événements".

Barack, Mazarine et Katrina

Ce qui explique ainsi, l'explosion de "Barack", aux Etats-Unis en 2009 après l'élection d'Obama, d'un pic de Mazarine en 1996, lorsque l'existence de la fille de François Mitterrand a été révélée. Ou inversement, la dégringolade des Katrina après l'ouragan. Le sociologue s'interroge donc sur les Charlie, se demandant si le 7 janvier sera porteur pour le prénom ou au contraire signera la fin de l'embellie. Il rappelle ainsi que l'engouement pour le prénom est bien antérieur à 2015.

On pourrait par ailleurs voir naître des petits Chérif, Saïd ou Amedy, portant les prénoms des terroristes auteurs des attentats.

Magali Rangin