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Barrage de Sivens: le projet initial pas "adapté" selon le rapport d'experts

Le projet de barrage à Sivens dans le Tarn est à l'arrêt depuis la mort de Rémi Fraisse en octobre dernier.

Le projet de barrage à Sivens dans le Tarn est à l'arrêt depuis la mort de Rémi Fraisse en octobre dernier. - Remy Gabalda - AFP

Un rapport rendu à la ministre de l'Ecologie ce vendredi prône un barrage plus réduit à Sivens. Les experts estiment que le projet initial n'est pas "une solution adaptée".

Le projet de barrage de Sivens dans le Tarn oppose depuis plusieurs années élus, militants écologistes et habitants. Un rapport d'experts remis ce vendredi à Ségolène Royal, la ministre de l'Ecologie juge la version initiale de ce projet comme n'étant pas "une solution adaptée". 

Les travaux du barrage situé dans le Tarn ont été suspendus après la mort de Rémi Fraisse, un militant écologiste, tué le 26 octobre dernier. Le projet initial de barrage vise à créer une retenue d'eau d'1,5 million de m3 pour l'irrigation des terres agricoles avec un coût et des conséquences sur l'écosystème qui font débat.

Deux solutions proposées

Le rapport d'experts propose "deux options". La première envisage la "réalisation d'un réservoir de taille plus réduite sur le site de Sivens". La seconde inclut plusieurs retenues combinées, notamment en amont du site. Dans le détail, la première solution "d'un coût modéré laisse de multiples possibilités de développement ultérieur" avec des impacts sur l'environnement qui "semblent localisés et réduits", indique le rapport.

La deuxième solution quant à elle est "un peu plus coûteuse" en investissement et en fonctionnement. Elle "laisse moins de possibilités de développement ultérieur de retenues du bassin" mais aurait des impactes environnementaux "faibles". Le rapport qui présente ces solutions doit être présenté lundi dans la région, où le débat ne s'est pas apaisé.

Pas de consensus sur le "projet de territoire"

Par ailleurs, le "projet de territoire" consensuel auquel tenait Ségolène Royale n'a pas abouti. Selon Le Monde, qui a eu accès au rapport, les deux experts Nicolas Forray et Pierre-Alain Roche n'ont pas réussi à concilier les positions des deux camps qui s'affrontent, les organisations agricoles et écologistes. Ce sera donc au gouvernement de se positionner sur le dossier et de trancher entre les options préconisées dans le rapport. Il devra le faire sous le regard de la Commission européenne qui a ouvert une procédure d'infraction contre Paris. Le projet initial contrevenait en effet à la directive sur l'eau.

C. B avec AFP