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Banlieues: AC-leFeu accuse la gauche de ne pas tenir ses promesses

Mohamed Mechmache, le fondateur d'AClefeu, à Clichy-sous-Bois le 12 mars 2012.

Mohamed Mechmache, le fondateur d'AClefeu, à Clichy-sous-Bois le 12 mars 2012. - -

Le fondateur d'AC-leFeu, Mohamed Mechmache, dénonce dans un entretien à "Libération" les promesses non tenues de la gauche et évoque "une déception" dans les quartiers populaires.

Mohamed Mechmache parle de déception, d'un sentiment "de mépris et de trahison". Dans un entretien publié mercredi dans Libération, le fondateur du collectif AC-leFeu et militant des quartiers populaires a assuré que l'électorat des banlieues se détournait de la gauche, lassé qu'il est des promesses non tenues par le gouvernement.

"Il y a eu des promesses qui ont été faites dans ces quartiers lors de la campagne présidentielle, mais rien n'a suivi. Le droit de vote des étrangers par exemple", dénonce-t-il. "Pour beaucoup de gens comme moi, dont les parents vivent en France depuis plus de quarante ans, c'est une vraie déception, un sentiment de mépris et de trahison".

Des quartiers délaissés

Dans son entretien, Mohamed Mechmache dénonce ce qu'il ressent comme un désintérêt du gouvernement pour les habitants des banlieues. "Le sentiment qu'on a, c'est que les quartiers populaires ne sont pas une priorité, que les huit millions d'habitants qui y vivent sont une nouvelle fois relégués en seconde zone", confie-t-il.

Selon le fondateur d'AC-leFeu, la gauche n'a "pas retenu la leçon des élections municipales" dans les quartiers populaires, où le vote a été marqué "par une énorme abstention mais aussi par de plus en plus de voix pour la droite". "L'électorat de ces quartiers est en train de s'éloigner de la gauche. Et la gauche ne donne aucun signal fort", déclare Mohamed Mechmache.

La politique de la ville dans un ministère "fourre-tout"

Le militant regrette aussi que la politique de la ville se retrouve désormais aux côtés du sport, de la jeunesse et des femmes dans ce qu'il appelle "un ministère un peu fourre-tout", dirigé par Najat Vallaud-Belkacem. "Cela ressemble à un ministère un peu fourre-tout, où l'on retrouve toutes les thématiques qui devaient être importantes pour ce gouvernement", souligne-t-il.

Quant au parcours de fils d'immigrés que le nouveau Premier ministre Manuel Valls a évoqué dans son discours de politique générale, il ne "parle pas aujourd'hui aux jeunes des quartiers", estime Mohammed Mechmache. "Fils d'Espagnols, il n'a pas affronté la même stigmatisation que connaissent aujourd'hui ces jeunes, pour beaucoup musulmans" poursuit-il.

V.P. avec AFP