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Aymen, le sans-papier héroïque, échappe à l'expulsion

Le cas de Mohamed Aymen Latrous va être réexaminé.

Le cas de Mohamed Aymen Latrous va être réexaminé. - Capture BFMTV

La préfecture du Val-d'Oise a annoncé lundi soir que le sort d'un Tunisien de 25 ans, qui a sauvé deux enfants d'un incendie, allait être réexaminé. Son obligation de quitter le territoire a déjà été abrogée.

L'actualité lui donne un sursis. Mohamed Aymen Latrous n'est désormais plus sous le coup d'une expulsion. La préfecture du Val-d'Oise a annoncé lundi soir que l'obligation de quitter le territoire le concernant a été abrogée. Pour le moment, la situation de ce Tunisien de 25 ans va être réexaminée par les services de l'Etat. Son sort a fait écho à celui de Mamoudou Gassama, ce jeune Malien de 22 ans dont la procédure de la demande de régularisation a été accélérée après qu'il a sauvé de la chute un enfant de 4 ans.

L'acte héroïque de Mamoudou Gassama, escaladant à mains nues un immeuble de 4 étages, a été filmé et largement diffusée ce qui avait poussé Emmanuel Macron a rencontré le jeune homme. A l'inverse, aucune image de l'acte de bravoure de Mohamed Aymen Latrous n'avait été enregistrée. Et, depuis janvier, le Tunisien de 25 ans à qui la préfecture du Val-d'Oise avait refusé un titre de séjour, faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis janvier 2018.

Deux enfants sauvés

Arrivé en France fin 2013, au terme d'un périple de deux mois à travers les Balkans, Mohamed Aymen Latrous s'est illustré en sauvant deux enfants d'un incendie. Dans la soirée du 10 avril 2015, alors qu'il se promène avec deux amis, le jeune homme entend une mère de famille appeler au secours. Des flammes s'échappent de la cuisine de l'appartement. Les trois amis se précipitent à l'étage. Le Tunisien s'empare du bébé de 19 mois, qu'il protège de son mieux des fumées toxiques, tandis que ses compagnons s'occupent de mettre à l'abri son grand frère et d'éteindre le feu.

Les trois hommes s'étaient éclipsés aussitôt après, si bien que la mère avait dû lancer un appel dans le journal pour retrouver la trace des sauveteurs de ses enfants. Le jeune sans-papiers tunisien avait finalement été distingué par le maire communiste de Fosses, qui lui avait remis la médaille de la ville quelques semaines plus tard. Puis, en 2017, l'édile avait écrit à la sous-préfecture de Sarcelles pour appuyer sa demande d'un titre de séjour. Sans effet. Un recours devant le tribunal administratif avait été formé devant le refus de titre de séjour.

"Construire sa vie"

Mohamed Aymen Latrous a expliqué à l'AFP avoir décidé de contacter Le Parisien quand il a appris ce qui était arrivé au jeune Malien. Pour autant, dit-il, "j'ai pas fait ça pour avoir des papiers. J'ai juste sauvé des gamins, sans réfléchir". Son avocate, Me Philippine Parastatis a, elle, regretté qu'"il faille que ce soit médiatisé pour qu'il y ait une solution". Car face à la médiatisation de son cas initiée dimanche, le ministre de la Cohésion des Territoires Jacques Mézard a dit lundi qu'il souhaitait qu'il ne soit pas expulsé.

Dans un communiqué lundi soir, le préfet du Val-d'Oise a annoncé avoir "décidé de procéder à un réexamen de la situation de l'intéressé", le jeune homme s'étant vu promettre récemment une embauche "en CDI à temps plein dans une société du Val-d'Oise". "En conséquence, une abrogation de l'OQTF va être notifiée à M. Latrous", est-il ajouté. 

Le préfet précise que "la nouvelle instruction de la demande de titre de séjour qui suivra aussitôt tiendra nécessairement compte de l'acte positif et altruiste par lequel M. Latrous s'est distingué en 2015". 

Mohamed Aymen Latrous a expliqué espérer obtenir maintenant une carte de séjour. Autant pour pouvoir "aider" ses parents, son frère et ses petites soeurs restées en Tunisie que pour, enfin, "construire [sa] vie". 

J.C. avec AFP