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Aude : 2 morts dans un accident de bus

Le car de tourisme de la compagnie Eurolines transportait essentiellement des Français et des Espagnols entre Marseille et Murcie.

Le car de tourisme de la compagnie Eurolines transportait essentiellement des Français et des Espagnols entre Marseille et Murcie. - -

Un touriste ukrainien pourrait être à l’origine d’un accident de bus qui a fait deux morts dimanche sur l’autoroute A9, dans le département de l’Aude. Il se serait disputé avec le conducteur et aurait fait dévier le véhicule.

Il souhaitait « que le bus s’arrête ». Un passager ukrainien a avoué aux gendarmes avoir fait dévier de sa trajectoire l'autocar dans lequel deux personnes ont perdu la vie dimanche matin sur l'autoroute A9 entre Narbonne et Perpignan. Le touriste, âgé d'une trentaine d'années et placé en garde à vue, « souhaitait que le bus s'arrête » et s'est querellé avec le conducteur espagnol, a rapporté le procureur de Narbonne David Charmatz, sans qu'on sache pourquoi il y tenait tellement. Il aurait tiré le volant vers lui.
Le car de tourisme de la compagnie Eurolines, qui transportait essentiellement des Français et des Espagnols entre Marseille et Murcie (sud de l'Espagne), s'est déporté à hauteur de Fitou, a heurté la glissière de droite, puis a dévalé le bas-côté pour s'immobiliser plusieurs mètres en contrebas, a rapporté le procureur. Le bilan fait état de deux morts (une Espagnole de 55 ans et un Français de 54 ans) et une trentaine de blessés, dont deux graves, dont les jours ne sont cependant pas en danger. Treize personnes, dont le conducteur, devaient rester hospitalisées dans la nuit de dimanche à lundi, a dit la préfecture.

« Un geste inconsidéré »

L'accident a mobilisé d'importants moyens de secours : 130 sapeurs-pompiers, de nombreux gendarmes, quatre hélicoptères et une vingtaine d'ambulances pour évacuer les blessés vers les hôpitaux les plus proches, a indiqué la préfecture
Les déclarations du voyageur ukrainien, lui-même peu touché dans l'accident, confirment les premiers propos du chauffeur espagnol. Celui-ci avait été provisoirement placé en garde à vue. Mais il était sous le choc et les médecins avaient jugé son état incompatible avec la poursuite des interrogatoires. Les auditions des deux hommes devraient reprendre ce lundi pour « identifier bien clairement quelle a été la participation de l'un et de l'autre dans la survenance de cet accident », a dit le procureur, qui admet avoir cru d'abord être mené en bateau : « Quand le chauffeur a déclaré qu’un passager était à l’origine de l’accident pour avoir tiré sur le volant, ça paraissait tellement improbable qu’on pensait que c’était une version destinée à exonérer le chauffeur de sa responsabilité : la réalité, c’est qu’un des passagers a reconnu spontanément avoir tiré sur le volant pour contraindre le bus à s’arrêter. Le conflit semble avoir pour origine que le chauffeur ne voulait pas s’arrêter pour que le passager puisse aller aux toilettes, même si ça paraît incroyable ». Un passager dont les déclarations vont être approfondies, compte tenu « de la nature de l’acte commis » : « Personne n’était éveillé au moment même de l’accident. On va procéder à l’audition du chauffeur, qui je l’espère n’aura plus besoin de soins une fois l’état de choc passé, approfondir les auditions du passager pour savoir pourquoi il a commis cet acte irréparable, et s’intéresser à sa personnalité, en procédant à une expertise psychiatrique, pour savoir exactement à qui l’on a affaire » a ajouté le magistrat. Les dépistages d'alcool et de drogues sur le chauffeur se sont révélés négatifs. L'analyse des disques, qu'il a été compliqué d'extraire du car, devrait dire ce lundi à quelle vitesse il roulait, a dit le procureur.

Le mois le moins meurtrier depuis 1948

La vitesse, justement, est en cause dans deux autres accidents ce week-end, qui ont fait 8 morts.
Le plus meurtrier est survenu samedi un peu avant 17h sur une quatre-voies entre Carcassonne et Trèbes.Trois hommes et deux femmes entre 18 et 25 ans ont été tués et un garçon d'environ 18 ans très grièvement blessé, quand le conducteur a perdu le contrôle de son véhicule, qui s'est fracassé sur un pilier en béton à l'entrée d'une casse automobile. Le blessé restait entre la vie et la mort dimanche. Les analyses diront dans les prochains jours si la consommation d'alcool est aussi en jeu, a dit le vice-procureur de Carcassonne Stéphane Béres. Dimanche vers 8h, trois autres personnes ont trouvé la mort quand leur véhicule immatriculé dans les Yvelines est sorti de la route sur la principale quatre-voies du sud de la Bretagne à Quéven, près de Lorient. Il a traversé la glissière latérale de sécurité avant de s'écraser dans le bas-côté et de prendre feu. Une vitesse excessive est en cause, selon les premiers éléments de l'enquête. Selon les chiffres de la Sécurité routière, 3 645 personnes ont été tuées sur les routes de France en 2012, soit environ 10 par jour. Le mois de juillet 2013 a cependant été, avec 345 décès, le moins meurtrier depuis 1948, date des premières statistiques.

La rédaction et avec A. Rosique et AFP