BFMTV

Attentats: la médaille de reconnaissance aux victimes du terrorisme fait polémique

L'Etat voudrait permettre aux victimes du terrorisme de recevoir une distinction spécifique, mais l'initiative ne convainc pas les familles, et soulève la colère des anciens combattants.

La "médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme", créée par la présidence de la République après la multiplication des attentats, fait déjà polémique alors qu’elle n’a encore jamais été décernée.

Le Figaro rapporte ce lundi que des associations de familles de victimes et des associations d’anciens combattants réservent un accueil très mitigé à cette décoration qui a été créée par un décret datant du 12 juillet dernier.

Ce dernier précise que pour recevoir cette médaille, qui représente une fleur à cinq pétales suspendue à un ruban blanc, il faut "être Français et avoir été tué, blessé ou séquestré lors d’actes terroristes commis en France ou à l’étranger" ou "être étranger et avoir été tué, blessé ou séquestré lors d’actes terroristes commis en France ou à l’étranger contre les intérêts de la République française".

Pour arrêter de donner la Légion d'honneur aux victimes

Cette nouveauté était passée presque inaperçue en raison des attentats qui ont touché la ville de Nice, deux jours après la publication du décret, et fait 85 morts. Pourtant, la création de cette "récompense" visait initialement à simplifier les hommages aux victimes et à ne plus décerner la Légion d’honneur aux victimes, alors qu’elle est censée récompenser les citoyens "les plus méritants dans tous les domaines d’activité", comme le rappelle le site de la grande chancellerie de la Légion d’honneur.

"Continuer à décerner la Légion d'honneur allait dénaturer cette distinction, qui récompense un acte de bravoure", affirme dans Le Figaro Guillaume Denoix de Saint Marc, responsable de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT). "“l fallait donc trouver un symbole nouveau".

Colère des familles de victimes et des anciens combattants

Mais plusieurs associations de familles de victimes ne sont pas satisfaites du nouveau symbole choisi par l’Etat. Stéphane Gicquel, de la Fenvac (Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs) parle de "gadget", tandis que Georges Salines, de l’Association du 13-Novembre, ne voit pas ce que peut leur apporter cette "breloque". Les deux associations réclament plutôt que les aides financières et les démarches administratives soient simplifiées pour tous ceux qui ont été frappés par le terrorisme.

La grogne se fait également ressentir du côté des associations des anciens combattants, qui regrettent, quant à elles, que cette nouvelle médaille soit placée à un rang hiérarchique supérieur à celles des blessés de guerre. "Cet emplacement est mal vécu et je peux vous dire que cela bouge dans les rangs", prévient dans Le Figaro Jacques Goujat, président de l'Union française des associations de combattants et des victimes de guerre.

Les médailles décernées par la présidence de la République ont en effet un rang supérieur à celles décernées par le ministère de la Défense, comme la médaille donnée aux blessés de guerre. L'Etat va donc devoir faire face à ces deux fronts pour essayer de mettre en place sereinement ce nouveau dispositif. Une décoration qui n'est pas obligatoire et qui nécessite l'accord des victimes concernées, ainsi que l'accord des familles des personnes décédées.

J.A.