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Société

Attentat de Nice: des victimes dénoncent l'abandon de l'État

Des familles de victimes de l'attentat qui a fait 86 morts le 14 juillet 2016 s'indignent contre le manque de soutien de la part des pouvoirs publics depuis trois ans.

Dimanche, la ville de Nice rendra hommage aux 86 victimes tuées lors de l'attentat sur la Promenade des Anglais. Trois ans après, les conséquences de l'attaque rythment encore le quotidien des familles de victimes. Parmi elles, Claude était sur le bord de mer ce soir du 14 juillet 2016 lors duquel elle a perdu son mari. Sa fille, Christine Joussemet, s'occupe maintenant d'elle à plein temps. Elle dénonce auprès de BFMTV l'abandon de la part des pouvoirs publics.

Chômage et déménagement 

Le soir du 14 juillet 2016, Claude et son mari Jean-Pierre sont percutés par le camion du terroriste. Lui ne survit pas, elle est rescapée de justesse grâce à son fauteuil roulant. Depuis, sa fille Christine prend soin de sa mère au quotidien. Elle a dû quitter son emploi et déménager pour s'occuper d'elle.

"Je ne me voyais pas du tout la mettre en institut. Pour moi c'est tout à fait normal qu'elle reste avec nous et qu'on soit tous ensemble", nous confie-t-elle.

"Ma vie tourne autour de ma mère”

Trois ans après, Christine a bien touché des indemnités de la part du Fond de garantie (FGTI) des victimes d'acte de terrorisme mais elle n'arrive pas à joindre les deux bouts. Cette ancienne infirmière se sent abandonnée par les pouvoirs publics:

"J'ai tapé à toutes les portes et je n’ai reçu aucune aide de toutes les institutions”, regrette-t-elle.

Être présente pour sa mère l'a coupé de sa vie d'avant: 

"Avant on pouvait sortir comme on voulait, maintenant on ne peut plus le faire. Ma vie tourne autour de ma mère.”

Malgré tout, Christine et son compagnon Didier comptent assister à l'hommage aux victimes prévu ce dimanche. Une cérémonie cultuelle est organisée le matin à la villa Masséna et un concert de l'Orchestre philharmonique de Nice au jardin Albert-1er le soir à l'issue duquel, à 22h34 précises, heure de l'attentat de 2016, 86 faisceaux lumineux seront projetés dans le ciel depuis le front de mer. Sa maman Claude ne sait pas encore si elle se rendra à la cérémonie. Elle se décidera au dernier moment.

Esther Paolini