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« Asphyxie financière » : le coup de gueule des régions et départements

Jean-Marc Ayrault a demandé aux collectivités 750 millions d'euros d'économies supplémentaires.

Jean-Marc Ayrault a demandé aux collectivités 750 millions d'euros d'économies supplémentaires. - -

Des élus de droite et de gauche ont signé une tribune commune pour demander d’arrêter « l’asphyxie financière » des collectivités locales. Régions et départements ont de plus en plus de charges à supporter et la trésorerie ne suit pas, d'autant que l’Etat leur demande maintenant de faire des économies.

C'est le cri du cœur d'un président de Conseil général, celui du Bas-Rhin : « Facile d'être généreux avec le portefeuille des autres ! » Lundi soir, des élus de droite comme de gauche ont en effet approuvé un texte pour protester contre « l'asphyxie financière » au bord de laquelle se trouvent les départements. En cause: la hausse des dépenses sociales (RSA, revenu de solidarité active, l'APA, Allocation personnalisée d'autonomie et la PCH, prestation compensatoire du handicap) dont l'Etat s'est déchargé sur les départements sans que les moyens ne suivent et alors que la crise rend les besoins de plus en plus gros. Le manque à gagner pour les collectivités est de 5,4 milliards d'euros en 2012, 6,2 milliards en 2013. Et l'annonce mardi de nouvelles économies (750 millions d'euros selon Jean-Marc Ayrault) pour les collectivités locales renforce encore la colère des élus.

« Un impact sur l’ensemble de l’économie »

Guy-Dominique Kennel, président UMP du Conseil Général du Haut-Rhin, dénonce l'augmentation des dépenses sociales et la baisse des dotations de l'Etat qui ont causé un trou de 23 millions d'euros dans son budget 2013. Pour trouver l’argent, plus beaucoup de solutions : « En clair, il va falloir diminuer les investissements que nous pouvons faire sur notre département. Nous construisons chaque année un nouveau collège, voire deux, et nous sommes obligés de différer la réalisation de ces collèges d’un, deux ou trois ans. Ça veut dire qu’il y a un impact sur l’ensemble de l’économie locale, car les entreprises n’ont pas de marché, et ça veut dire que les collégiens restent en souffrance. Je suis obligé d’avancer de l’argent à l’Etat pour pouvoir régler les dépenses sociales qui relèvent de sa charge ».

« Un effet désastreux sur les financements »

Claudy Lebreton, président PS du Conseil général des Côtes-d'Armor et président de l'Assemblée des départements de France, regrette que l’Etat demande toujours plus aux collectivités locales. « Il faut aider à créer des emplois d’avenir dans nos services publics, les maisons de retraite, les établissements pour personnes handicapées, les services à domicile, l’économie sociale et solidaire », énumère l’élu. « Donc d’un côté, il faut faire des efforts, mobiliser des moyens financiers, et d’un autre côté, vous avez des recettes qui ne sont pas au rendez-vous. C’est ce qu’on appelle l’effet ciseaux, donc pour les départements qui sont au cœur des solidarités, ça a un effet désastreux sur les financements ».

Mathias Chaillot avec Annabel Roger