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Appels à porter le qamis, à prier... Deux notes des services de l'Etat alertent sur les attaques contre la laïcité à l'école

Deux notes émanant des services de l'Etat, et que BFMTV a pu consulter, révèlent une offensive islamiste sur les réseaux sociaux appelant les élèves à enfreindre les règles de la laïcité.

A l'approche de la rentrée, les messages se sont multipliés. Sur Twitter mais aussi sur Tik Tok, les appels à encourager les élèves à porter le voile ou des vêtements religieux, à pratiquer la prière à l'école, ont proliféré dans une "stratégie d'entrisme salafo-frériste". C'est ce que révèlent deux notes émanant des services de l'Etat que BFMTV a pu consulter.

La première note rédigée par les renseignements territoriaux et datant du 27 août dernier liste les stratégies développées par la mouvance islamiste que les élèves sont incitées à suivre pour contourner la loi sur le port du voile et déstabiliser les principes de la laïcité. Ainsi, il est appelé à porter certains vêtements religieux, à faire la prière dans les établissements scolaires ou à conflictualiser les relations entre personnels scolaires et élèves.

Banalisation des vêtements religieux

Ces messages émanent principalement de comptes anonymes sur les réseaux sociaux. Concernant le port des vêtements religieux, les auteurs appellent leurs followers à enfiler des qamis, vêtement porté par les hommes, et des abayas, ces robes amples et longues cachant les chevilles, afin de "contourner l'interdiction faite aux élèves de porter le voile à l'école".

Une influenceuse islamiste suivie par près de 50.000 personnes encourage même les jeunes femmes à porter une ceinture sur leur abaya pour banaliser ce vêtement religieux.

Les services redoutent que ces messages islamistes se répandent jusque dans les activités sportives dans le cadre scolaire et notamment lors des cours de natation. Le burkini pourrait ainsi devenir, selon les renseignements territoriaux, un moyen pour la mouvance islamiste d'intégrer la sphère scolaire, au nom de la notion de pudeur.

Dans le même registre, les appels à pratiquer la prière dans les établissements scolaires se multiplient en direction des élèves de confession musulmane. "L'école n'est pas une contrainte valable", disent ces militants sur les réseaux sociaux. Les auteurs conseillent les élèves à repérer des toilettes, une salle de classe vide, un local d'entretien, durant les pauses, voire même à quitter leur établissement pour respecter l'heure de la prière.

"Ces expressions sont caractéristiques de la stratégie d'entrisme salafo-frériste visant à entrer des pratiques et rites religieux au sein de l'école", écrivent les auteurs de la note.

Incitation à la prière à l'école

A travers les réseaux sociaux, c'est la loi de 2004 sur l'interdiction du port du voile qui est visée. Qualifiée" d'"islamophobe" et de "liberticide", cette loi qui rappelle le principe de laïcité est attaquée. Ce qui favorise la conflictualisation entre les enseignants ou personnels éducatifs et les élèves, notamment quand ceux-ci se voient refuser l'accès à l'établissement scolaire en raison du port d'une tenue religieuse. Ceux qui font respecter la loi de 2004 sont identifiés sur les réseaux sociaux.

Les jeunes filles qui portent le voile à l'extérieur mais qui le retirent une fois dans l'établissement sont également ciblées par ces militants islamistes. Des photos de ces jeunes filles sont prises depuis l'extérieur de l'établissement alors qu'elles se trouvent dans l'enceinte de leur école. Des photos servant ensuite à faire pression sur elles.

La seconde note, datant du 16 septembre, relève que les signalements sur les atteintes à la laïcité, lors de l'année scolaire qui vient de s'écouler, ont évolué. Les services reviennent notamment sur le port des abayas et qamis, dont "les familles dénient fréquemment toute dimension religieuse".

"Ces discours peuvent masquer une volonté de contournement de la loi sur le port de signes religieux à l'école", est-il écrit dans cette note rédigée à l'attention des recteurs d'académie.

Rappel des principes de la laïcité

Les services proposent "une réponse unifiée". L'Éducation nationale distingue deux situations: le port de signes ou de tenues ostensiblement religieuse comme le voile, la kippa ou un pendentif à caractère religieux, et le port de tenues ou d'accessoires qui ne sont pas par nature à caractère religieux mais qui le deviennent par le fait de la volonté de l'élève. Dans les deux cas, les directeurs d'établissement sont appelés à interdire leur port.

Ces stratégies de "contournement" peuvent passer par le port d'un bandana pour se masquer les cheveux ou d'une jupe longue pour masquer les jambes jusqu'aux chevilles, notent les services.

Pour apprécier la volonté d'apporter à ces tenues un caractère religieux, plusieurs critères peuvent entrer en compte comme leur port permanent ou le refus de l'élève de les enlever.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV