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Air France: 41% des vols assurés lundi, pas de sortie de crise en vue

Des avions Air France garés sur le tarmac de l'aéroport d'Orly, près de Paris.

Des avions Air France garés sur le tarmac de l'aéroport d'Orly, près de Paris. - Eric Feferberg - AFP

Au huitième jour de grève, lundi, 41% des vols Air France devraient être assurés. Le taux des pilotes grévistes reste élevé, à 65%.

Le mouvement social des pilotes d'Air France, opposés au projet de développement de la filiale à bas coût Transavia, restait très suivi, ce dimanche, avec moins de quatre vols sur dix assurés. Et ce n'est pas près de s'améliorer: à la veille d'une deuxième semaine de grève, aucune sortie de crise en vue.

La compagnie aérienne dit assurer 38% de ses vols dimanche contre 45% samedi, et prévoit pour lundi 41%. Pour cette même journée, Air France prévoit que le taux de grévistes va se maintenir à 65%.

Une grève reconduite jusqu'à vendredi

Le principal syndicat de pilotes, le SNPL AF Alpa, a confirmé samedi, après consultation de ses adhérents, la reconduction de la grève jusqu'à vendredi, sans exclure qu'elle puisse se poursuivre au-delà si la "situation de blocage" persiste. De son côté, le deuxième syndicat de pilotes à Air France (Spaf) avait décidé la semaine dernière d'étendre de deux jours son préavis de grève reconductible, jusqu'à mercredi. C'est la plus longue grève que connaît la compagnie nationale depuis 1998.

Manuel Valls sollicité

Le conflit se cristallise autour de la low cost du groupe, Transavia, dont Air France-KLM veut développer la flotte pour faire face à la concurrence. Les projets de la direction suscitent chez les pilotes des craintes de "dumping social" et de "délocalisations" au détriment des emplois français.

Le SNPL, qui selon son président se sent "trahi par le management", en a appelé samedi au Premier ministre Manuel Valls, espérant qu'il "aura à coeur de s'intéresser à la sauvegarde de l'emploi français" et réitérant sa demande de le rencontrer. 

C'est le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, qui a répondu dimanche, multipliant les interventions dans les médias pour appeler à la fin du conflit. "Il faut qu'il y ait un compromis, c'est le message du gouvernement aujourd'hui", a-t-il déclaré sur France Info.

Le sort de la compagnie "peur être en cause"

"Il faut avoir une démarche positive dans cette situation. Sinon, je pense que c'est le sort de la compagnie qui peut être en cause", a poursuivi Alain Vidalies, en rappelant qu'Air France est, comme les autres compagnies aériennes historiques, confrontée à la vive concurrence des low cost. Il a par ailleurs souligné, sur Europe 1, qu'Air France est "financièrement fragile".

Le PDG d'Air France KLM, Alexandre de Juniac, avait estimé la semaine dernière que la grève coûte chaque jour "10 à 15 millions d'euros" à la compagnie, qui "sort à peine la tête de l'eau".

Des taux d'annulations qui grimpent

Dans certains aéroports, les taux d'annulations continuaient de grimper: ainsi à Toulouse, 84% des vols étaient annulés contre 65% la veille, à Nice 89% et à Marseille, le taux atteignait 97%. A Bordeaux et à Lille, aucun vol n'était prévu dimanche.

La situation était un peu meilleure à Lyon avec 54% d'annulations, à Nantes (34% de vols annulés) et à Strasbourg (17% de vols annulés au départ).

Des tentatives d'intimidations

Dans un courrier interne à l'ensemble de ses pilotes, la direction d'Air France a fait état de "tentatives d'intimidation" lui ayant été rapportées à l'encontre des non-grévistes, assurant qu'elle "engagera les démarches nécessaires pour punir celles ou ceux qui se livrent à de tels agissements".

"C'est une grève qui commence à devenir interminable", a déploré sur France Info le président de la Fédération des usagers des transports et services publics, Jean-Claude Delarue. "On se demande si la compagnie Air France ne va pas perdre à l'avenir des parts de marché" parce que "des voyageurs "préféreraient aller ailleurs", a-t-il ajouté.

De nouvelles excuses

Air France a réitéré ses excuses à ses clients, disant dans une lettre partager leur "frustration" et "mécontentement". Elle conseille à ses clients ayant réservé un vol jusqu'au 26 septembre de "reporter leur voyage, ou changer leur billet sans frais".

Le conflit chez Air France est d'ores et déjà le plus long depuis le mouvement social de 1998, qui avait duré dix jours.

A. S. et Jé. M., avec AFP