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Agression de Marie: "Rares sont les femmes qui n’ont pas été harcelées"

Marie a diffusé la vidéo de son agression sur les réseaux sociaux

Marie a diffusé la vidéo de son agression sur les réseaux sociaux - Capture d'écran BFMTV

Muriel Salmona, psychiatre auteure du Livre noir des violences sexuelles, revient sur les images de l’agression de la jeune étudiante parisienne. Elle décrypte l’importance de cette vidéo.

Des images aux allures de symbole. Depuis mercredi, l’indignation grandit sur les réseaux sociaux face à la vidéo de l’agression de Marie, étudiante parisienne de 22 ans, devant la terrasse d’un café du 19e arrondissement. La jeune femme a reçu un coup d’un passant, parce qu’elle avait répondu "ta gueule" aux "bruits sexuels" qu’il lui adressait. Une représentation visuelle de ce dont se plaignent de nombreuses femmes, à l’heure où la parole sur le harcèlement de rue se libère. C’est ce qu’explique Muriel Salmona, psychiatre et auteure du Livre noir des violences sexuelles:

"Rares sont les femmes qui n’ont pas été harcelées, qui n’ont pas entendu de propos obscènes, qui n’ont pas été suivies dans la rue", indique la spécialiste à BFMTV. "(Cette vidéo) est très symbolique de ce qui se passe dans la rue pour les femmes, et de la violence que ça représente."

"Elles ont raison d'avoir peur"

Jusque dans la réaction des personnes présentes et de la victime elle-même, l’agression de Marie fait écho à de nombreuses situations similaires. Après avoir essuyé ce coup au visage, la jeune femme reste statique, comme sidérée: "C’est courant", indique Muriel Salmona. "Les femmes qui sont harcelées, qui reçoivent toutes ces injures, sentent bien qu’il y a une très grande violence et qu’on veut les terroriser. Elles ont peur et elles ont raison d’avoir peur."

Le projet de loi de lutte contre les violences sexistes et sexuelles doit être voté en fin de semaine. Les premières amendes sanctionnant le harcèlement de rue doivent être rédigées à l’automne, selon Marlène Schiappa. Des mesures qui constituent "un élément", pour Muriel Salmona, même si elle estime qu’il ne faut pas que le harcèlement de rue "déqualifie des faits plus graves", comme les agressions sexuelles ou physiques.

"C’est très important, de montrer qu’on ne tolère pas ces comportements-là. Et qu’on entende les femmes, qu’elles puissent témoigner vraiment de ce qui leur arrive. Qu’on puisse aussi être solidaire, que tout le monde se sente concerné et monte au créneau aussitôt qu’une femme est agressée."

Une plainte déposée

Marie souffre de contusions à l'arcade sourcilière et à la pommette. Elle a elle-même diffusé les images de vidéosurveillance de l’agression sur les réseau sociaux, mises à disposition par le gérant du restaurant. Des personnes présentes lui ont également donné leurs coordonnées, pour témoigner si besoin. La jeune femme a porté plainte. L’individu est recherché.

Benjamin Pierret