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Agressée par un groupe de filles parce qu'elle porte un short, elle dénonce le slut-shaming

Une affiche lors d'une manifestation pour les droits des femmes en 2011 à Paris (image d'illustration)

Une affiche lors d'une manifestation pour les droits des femmes en 2011 à Paris (image d'illustration) - Johanna Leguerre-AFP

Une étudiante dit avoir été agressée par un groupe de filles au motif qu'elle portait un short. Dans une publication postée sur Facebook, elle dénonce le slut-shaming.

Maude est en colère. Cette jeune fille, étudiante en classe préparatoire littéraire à Toulon, a témoigné sur Facebook du slut-shaming - ou cette manière d'humilier une femme dont le comportement sexuel serait jugé hors-norme - dont elle se dit avoir été victime. La publication postée lundi est intitulée "Bonjour, je suis une salope". Elle est accompagnée d'un autoportrait, en pied, et en short.

La jeune fille raconte ainsi sur sa page son agression dans un bus par un groupe de filles, au motif qu'elle portait ce vêtement d'été.

"Je suis en colère ce soir. Nous sommes en 2016 et je viens de me faire agresser parce que je portais un short. Oui, un short. UN PUTAIN DE SHORT."

"Sans que jamais personne n'intervienne"

Maude détaille ensuite les circonstances de l'agression.

"Un groupe de 5 FILLES m'a insultée, menacée, craché dessus dans un bus sans que jamais personne n'intervienne, malgré leurs hurlements et les miens. Elles n'ont visiblement pas apprécié tous les arguments que j'ai sorti en faveur de l'égalité homme-femme et de la liberté de disposer de son propre corps puisqu'elles m'ont suivie pour me frapper lorsque je suis sortie du bus et ne sont parties qu'après qu'un homme que j'ai interpellé a attendu avec moi qu'elles s'en aillent (au bout de quinze minutes, vous captez le délire ?)."

"T'es une femme, faut se respecter"

Sous le choc, l'étudiante est sidérée par le comportement de ces jeunes filles. Lors de la rixe, elle leur a demandé:

"Pourquoi vous me traitez de pute parce que je porte un short alors qu'un homme peut se balader torse nu en plein centre-ville sans que personne n'y trouve rien à redire ?" elles m'ont répondu dans la seconde, les yeux écarquillés, comme si c'était l'évidence absolue: 'ben parce que t'es une femme, faut se respecter sale conne'. Ah oui. Autant pour moi, j'avais oublié. Mais merci, maintenant j'ai la très agréable impression d'avoir fait un bond de quelques siècles en arrière."

Maude s'indigne que des jeunes femmes adoptent le même comportement que certains "relous qui te klaxonnent et te sifflent comme un chien parce que tu as le malheur de disposer d'un vagin".

Elle conclut son post par un constat d'échec et un message d'engagement: "le combat féministe est bien loin du compte".

"Ta voix et ta parole résonnent"

Sa publication a été partagée plus de 26.000 fois et a recueilli de nombreux commentaires. Pour toutes les personnes qui ont réagi, c'est le choc et la stupeur. Les messages de soutien sont unanimes:

"Ne jamais se laisser faire dans un monde voué à la régression avec de telles mentalités. Ta voix et ta parole résonnent au nom de femmes pour qui le combat n'est visiblement pas terminé. Il ne faut pas baisser les bras face à de tels agissements, il ne faut pas garder le silence face à de tels hurlements", a souligné une internaute.

Une jeune fille affirme par ailleurs soutenir Maude "à 100%", une autre, en signe de solidarité, assure qu'elle portera des shorts plus souvent.

Il dénonce "cette société patriarcale"

Si de nombreuses jeunes filles ont réagi, l'indignation est aussi partagée par le sexe masculin. Un jeune homme, étudiant, va même plus loin: 

"Le problème principal de cette société patriarcale où l'homme domine la femme c'est qu'il est tellement entré dans les moeurs que les femmes (pas toutes évidemment) finissent par l'accepter et reproduire les comportements sexistes des hommes." Et tient à ajouter ne pas être "fan du mot domine", car, selon lui, "il est très fort et maladroit".

L'incident pourrait aller plus loin: des témoins de la scène se sont manifestés, selon le site Madmoizelle, et Maude envisage de porter plainte. 

https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois Journaliste BFMTV