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Acide chlorhydrique, white-spirit: 1.050 tonnes de matières dangereuses à bord du Grande America

Le navire BSAA Argonaute en train d'installer un barrage anti-pollution dans la zone où a coulé le cargo italien Grande America, le 19 mars 2019.

Le navire BSAA Argonaute en train d'installer un barrage anti-pollution dans la zone où a coulé le cargo italien Grande America, le 19 mars 2019. - HANDOUT- AFP - Marine Nationale

Entre les 3 camping-cars et les 5 conteneurs de tapis, le Grande America contenait 1050 tonnes de matières dangereuses, dont 720 tonnes d'acide chlorhydrique.

Le navire italien Grande America, qui a sombré le 12 mars, contenait 1050 tonnes de matières dangereuses, selon l'inventaire détaillé de la cargaison rendu public jeudi par la préfecture maritime de l'Atlantique.

Dès le lendemain du naufrage, la préfecture maritime (Premar) avait dressé un premier inventaire, parlant de 365 conteneurs dont 45 répertoriés comme contenant des matières dangereuses.

2100 véhicules dont 22 bus

Parmi les matières dangereuses, en vertu du code maritime international IMDG, le navire contenait 62 tonnes de résine, 16 tonnes de substitut de térébenthine (White Spirit), 25 tonnes de fongicides, 9 tonnes d'aérosol mais surtout 720 tonnes d'acide chlorhydrique.

Parmi les matières considérées comme non dangereuses, 5 conteneurs de lubrifiants, 2 de pneus, 18 d'engrais ou encore 24 d'acier. Sur les 2100 véhicules transportés, le chargement contenait 190 poids lourds, 22 bus ou encore 64 engins de chantier.

Liste des marchandises non dangereuses à bord du Grande America, qui a coulé le 12 mars 2019.
Liste des marchandises non dangereuses à bord du Grande America, qui a coulé le 12 mars 2019. © Préfecture maritime d'Atlantique

Du côté des carburants, outre les 2200 tonnes de fioul lourd déjà annoncés, le Grande America transportait 190 tonnes de diesel marin et 70.000 litres d'huile.

"Concernant la cargaison, des informations complémentaires ont été demandées à Grimaldi Group (l'armateur, ndlr)", a précisé la Prémar dans un communiqué.

"Tout est inquiétant dans cet inventaire"

Selon Jacky Bonnemains, de l'association Robin des Bois, présent à la réunion, "c'est la première fois dans l'histoire de l'accidentologie maritime qu'un inventaire aussi détaillé est rendu public".

"Tout est inquiétant dans cet inventaire", a-t-il toutefois ajouté "aussi bien les matières dangereuses que non dangereuses, avec probablement des ordinateurs, des pièces de rechange automobile, même un véhicule à hydrogène hautement explosif (au contact de l'air) et nous avons 55 conteneurs dont on ignore le contenu".

"La pollution reste sur place"

Nicolas Tamic, du Cedre (Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux) s'est voulu rassurant, rappelant notamment que l'acide, "plongé dans un élément liquide et notamment dans autant d'eau se dilue". A propos des 2100 véhicules, il rappelle qu'il y a "beaucoup de choses qui sont neutralisées par l'environnement marin comme l'amiante".

"On est dans une zone où il y a très très peu de courants et en plein dans une grosse bulle anticyclonique. Nous n'avons donc pas de vent ce qui fait que la pollution reste sur place, mais elle n'est pas facile à attraper car elle est morcelée", a-t-il indiqué. "Les opérations de lutte contre la pollution se poursuivent", assure de son côté la préfecture maritime.

Le Grande America a sombré le 12 mars à 333 km à l'ouest de La Rochelle par 4600 mètres de fond après un violent incendie. Ses 27 occupants ont été secourus.

Salomé Vincendon avec AFP