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À quatre mois des municipales, le malaise persistant des maires, "de moins en moins respectés"

A quatre mois des élections municipales, 28,3% des maires disent ne pas souhaiter se représenter en mars prochain, et 23% "ne savent pas encore", selon une étude du Cevipof et de l'Association des maires de France. Des chiffres qui laissent apparaître un malaise prégnant chez les édiles.

Trop de pression, de responsabilités, un manque de reconnaissance… La fonction de maire ne séduit plus. A quatre mois des municipales, 28,3% des plus de 6000 maires interrogés disent ne pas vouloir se représenter, selon une étude du Cevipof et de l'Association des maires de France (AMF), dont le congrès annuel s'ouvre mardi à Paris. 

Ce renoncement se constate particulièrement chez les maires des communes de moins de 3500 habitants. C’est le cas de Laurent Pelissier, un maire passionné mais épuisé. Il arrive au terme de son deuxième mandat à la tête de Saint-Laurent-d’Aigouze, dans le Gard, une commune de 3500 habitants. Pour lui, la fonction de maire s’exerce 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

"Au bout d’un moment, on se pose la question de la césure entre sa vie privée et son engagement. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de prendre du recul", explique-t-il à BFMTV.

Un élu "de moins en moins respecté"

L'influence de l'exercice du mandat sur la vie personnelle est en effet le principal motif pour ne pas se représenter: il est évoqué par 72% des édiles.

Baisse des dotations de l’Etat, responsabilités trop élevées par rapport aux indemnités perçues, insécurité… Laurent Pelissier est arrivé au bout d’un cycle, comme beaucoup d’autres. "Le rôle que l’on endosse est de moins en moins respecté", déplore-t-il.

Ce lundi, l'Assemblée nationale entame l'examen en première lecture du projet de loi "Engagement et proximité", très attendu, destiné à faciliter la vie de ces maires ruraux. Le texte est censé redonner confiance et motivation aux élus des petites communes, c'est-à-dire à l'écrasante majorité d'entre eux, 90% des 35.000 communes comptant moins de 3500 habitants. Car pour l’heure, la vocation de certains s’essouffle.

Dans le Bas-Rhin, Jean Vogel est à la tête de la commune de Saâles depuis 25 ans. Il a eu le temps de voir sa fonction se complexifier au fil du temps, sans être pour autant accompagné.

"N’importe quel maire reçoit entre 50 et 100 mails par jour", dépeint-il. "On a quasiment deux heures de travail en plus par jour par rapport à il y a 25 ans, pour lire et répondre à ces courriels".

Ce 102e congrès de l'AMF permettra donc aux maires de faire le bilan de leur mandature (2014-2020) et d’exposer leurs écueils, avec la présence cette année d'Emmanuel Macron.

Pierre Corrieu, Jean-Vincent Molinier et Sarah Saidi avec AL