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A Paris, une trentaine de crèches construites sur des sites pollués

Alexia Ben Youssef et son fils Ismaël.

Alexia Ben Youssef et son fils Ismaël. - BFMTV

Dans un guide publié jeudi, l'association Robins des bois révèle une pollution au plomb, au mercure, au benzène et au trichloroéthylène dans des crèches et des écoles.

"Notre but est que tous les parents soient informés et comprennent les transferts de pollution", explique au Monde Jacky Bonnemains, le porte-parole de l'association Robins des bois. De la pollution au plomb au mercure, au benzène et au trichloroéthylène menacerait la santé de leurs enfants, dans une trentaine de crèches parisiennes bâties sur d'anciens sites industriels..

Ces diagnostics ont été patiemment compilés et rassemblés par l'association, qui vient de publier un guide complet sur la question. Ces résultats suivent une campagne nationale lancée en 2013 afin de recenser les "établissements sensibles" accueillant les enfants, de la crèche au lycée.

30 crèches posent problème

Ainsi, relève Le Monde, sur 40 crèches diagnostiquées par le Bureau de recherches géologiques et minières, 30 posent potentiellement problème. Sur ce nombre, 21 établissements accueillant les enfants en bas âge sont classés en catégorie B et 9 en catégorie C.

Concrètement le "B" dicte un maintien en l'état avec surveillance: "Les aménagements et les usages actuels permettent de protéger les personnes des expositions aux pollutions."

Le classement "C" induit une nécessité d'agir: "La présence de pollutions nécessite la mise en œuvre de mesures techniques de gestion, voire de mesures sanitaires."

Quel risque pour les enfants?

L'association Robins des bois souligne dans son guide que "la bonne qualité de l'eau, des sols, de l'air" dans les "établissements accueillant des enfants et des adolescents est primordiale". "Les polluants ont des impacts sur le développement du cerveau, du système nerveux, du squelette et peuvent avoir des effets différés sur les capacités de reproduction", dit ainsi le guide.

La direction de la petite enfance de la Mairie de Paris indique de son côté que "les expertises menées avec l'Agence régionale de santé ont montré qu'il n'y avait aucun danger pour la santé des enfants ou des personnels".

"Il n'y a pas de danger pour les enfants. Il faut que vous compreniez que s'il y avait eu le moindre danger, nous aurions appliqué un principe de précaution", martèle Sandrine Charnoz, conseillère chargée des questions relatives à la petite enfance à la Mairie de Paris, interrogée par BFMTV. Et d'ajouter: "Nous allons très très loin dans la qualité environnementale de nos établissements". 

Pas seulement les crèches et pas seulement Paris

Outre les crèches, puisque les examens du sol concernent aussi les haltes-garderies, les écoles maternelles et élémentaires, collèges et lycées et en dehors de Paris, les résultats des recherches sont disponibles dans plusieurs régions: Ile-de-France, Hauts-de-France et Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ainsi dans les Hauts-de-France, sur 92 établissements diagnostiqués, 56 sont classés B et 14 C.

En Paca, sur 187 établissements diagnostiqués, 108 sont classés B et 8 C dont 5 reclassés en B. Il est aussi noté que pour 18 établissements le maître d'ouvrage a refusé la démarche.

En Ile-de-France, sur 171 établissements diagnostiqués, 71 sont classés B et 5 C.

Comme exemple concret, on notera le cas emblématique du collège Saint-Exupéry à Vincennes, dans le Val-de-Marne. Ainsi, à cause d'une pollution entre autres au trichloroéthylène, 650 collégiens devront poursuivre dès ce 21 novembre leur scolarité ailleurs.

David Namias et A.S.