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A Paris et en province, des enseignants dans la rue contre les réformes Blanquer

Des enseignants manifestent contre la loi du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer "pour une école de la confiance", le 30 mars 2019 à Paris

Des enseignants manifestent contre la loi du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer "pour une école de la confiance", le 30 mars 2019 à Paris - GEOFFROY VAN DER HASSELT, AFP

Quelques milliers d'enseignants d'écoles maternelles et élémentaires, de collèges et lycées ont défilé samedi en France à l'appel des cinq principaux syndicats de l'Education pour protester contre "la loi Blanquer" et la réforme du lycée. Les manifestants étaient plusieurs centaines dans chaque défilé, à Strasbourg, Rennes, Nantes, Paris...

Le projet de loi du ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, "sur l'école de la confiance", suscite la défiance; voté par l'Assemblée nationale, il doit encore passer début mai devant le Sénat.

"Ca a commencé en janvier-février avec les menaces et les pressions sur les collègues qui ont refusé de faire remonter les résultats des évaluations des CP. Des évaluations mal conçues, qu'ils ont quand même fait passer, mais dont ils ont refusé d'entrer les résultats nominatifs sur une plateforme hébergée par Amazon en Irlande", explique Agnès, professeur dans une école du XXe arrondissement à Paris, 35 ans de carrière.

"Et puis l'amendement qui parle de création d'établissements regroupant des écoles et un collège, avec la suppression des directeurs d'école nous a vraiment inquiétés", ajoute cette enseignante d'une école en éducation prioritaire (REP+), syndiquée au SNUipp-FSU.

Julie, venue des Yvelines avec plusieurs collègues instits, toutes non syndiquées, regrette, elle, que la "loi Blanquer soit "tellement peu explicite": "On aimerait ne pas avoir à deviner ce qui se cache entre les lignes. Et faire sans directeur dans les écoles, ça va être très compliqué".

Une lettre du ministre aux professeurs

Le ministre a adressé vendredi une lettre aux professeurs, les présentant comme "l'avant-garde du progrès social". Il avait également précisé cette semaine ne pas vouloir "imposer" les regroupements écoles-collèges, "loin s'en faut".

Le ministre s'est dit "tout à fait prêt" à ajouter la nécessité de "l'accord de la communauté éducative" pour que les regroupements écoles-collège voient le jour.

Du côté du secondaire, des profs se mobilisent contre la réforme du lycée et du bac, prévue pour septembre et qui supprime les séries S, ES et L.

"J'ai du mal à suivre notre ministre", soupire Sandrine, prof d'anglais dans un lycée de la banlieue ouest. Cette réforme était censée "ouvrir les choix (des disciplines) aux élèves, mais on leur répond le plus souvent ce sera en fonction des places disponibles", dit-elle.

Avec AFP