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A Paris, bientôt des aides supplémentaires pour les collèges favorisant la mixité sociale 

Des élèves d'un collège - Illustration - Jeff Pachoud - AFP

Des élèves d'un collège - Illustration - Jeff Pachoud - AFP - -

Plus un collège accueillera des enfants issus de familles ouvrières et pauvres, plus la part versée de dotations publiques sera importante.

Paris veut davantage de mixité sociale dans ses collèges. Le Conseil de Paris a voté ce mercredi la modulation d'une partie des dotations publiques: plus un collège accueillera des enfants issus de familles ouvrières et pauvres, plus la part versée de dotations publiques sera importante. 

"Paris est l'académie la plus ségrégée de France, elle l'est plus que Londres ou New York", a relevé d'emblée au cours du débat l'élu communiste Jean-Noël Aqua, dont le groupe était porteur du voeu.

Le groupe a ainsi plaidé pour "moduler les dotations de notre collectivité aux collèges en fonction de leur mixité sociale" dès 2021 et ainsi "aider les collèges les moins favorisés, inciter à la mixité sociale", a-t-il expliqué. 

Une division ouest/est

La capitale se divise en deux secteurs: "D'un côté (à l'ouest, Ndlr), le collège le moins mixte accueille 0% d'enfants d'ouvriers et de chômeurs. Et 15 collèges, tous privés et sous contrat, en accueillent seulement 1%. De l'autre côté du spectre (à l'est, Ndlr), 15 collèges accueillent plus de 40% des enfants d'ouvriers et de chômeurs, certains allant jusqu'à 58% !", a avancé Noël Aqua, dénonçant "des écarts à donner le vertige".

Il faut "promouvoir la justice sociale", ont martelé les élus communistes, dont le chef de file, Nicolas Bonnet-Oulaldj, pour qui "il est urgent de remettre la question de la mixité sociale au coeur des politiques".

"Pénaliser les établissements privés"

La droite, elle, a conspué cette délibération, dénonçant comme la vice-présidente du groupe LRI (Les Républicains et indépendants), Alix Bougeret, une mesure qui "n'a que pour objet de pénaliser les établissements privés", qui accueillent très peu d'enfants pauvres. Pour l'élue, cette mesure "est une fausse solution à la ségrégation scolaire".

Pour l'élu macroniste de droite (PPCI), Alexandre Vesperini, "il faut le dire franchement: vous donnez moins au collège de l'ouest parisien pour donner plus au collège de l'est parisien", a-t-il dénoncé, convaincu que cette mesure aura "pour conséquence de (pousser) les parents à se tourner vers les collèges privés".

Soutenu par la mairie de Paris, ce voeu permet de "franchir une nouvelle étape dans l'objectif que nous poursuivons" sur la mixité sociale, s'est félicité l'adjoint à l'Education de la maire de Paris, Patrick Bloche. "L'Etat ne bouge pas, le gouvernement ne bouge pas! Nous, nous bougeons", a-t-il conclu.

Cyrielle Cabot avec AFP