BFMTV

À Marseille, une marche blanche contre les règlements de comptes

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - AFP

Quelque huit cent personnes ont participé ce dimanche à une marche blanche en mémoire d'un jeune homme tué dans un règlement de comptes à Plan d'Aou, un quartier difficile du Nord de Marseille.

Portant un t-shirt blanc à l'effigie d'Engin Günes, tué le 26 mai, les manifestants ont parcouru cette cité sensible dans le calme et le recueillement. Ils répondaient à l'appel de Demet Günes, la sœur aînée d'Engin, qui assure que son frère a été une victime collatérale des règlements de comptes qui endeuillent régulièrement la cité phocéenne.

Ce jour-là, deux hommes d'une trentaine d'années, dont Engin Günes, avaient été tués à la kalachnikov dans les locaux d'une association sportive de l'Estaque, quartier littoral du nord de la ville.

"La violence, la délinquance n'ont pas de frontière"

La sénatrice PS des Bouches-du-Rhône, Samia Ghali, qui est allée au chevet de la famille d'Engin, avait expliqué que ce chauffeur de car de 28 ans était venu jouer aux cartes dans le local et se serait retrouvé dans le champ de tir de l'assaillant. Elle a défilé aux côtés de la famille Günes.

"La violence, la délinquance n'ont pas de frontière. La seule frontière qui existe, qui balafre Marseille, c'est cette frontière politique qui - au fil des années - a divisé notre ville et a formé cette prison à ciel ouvert", a dénoncé la sénatrice sur Twitter.

Dans une lettre adressée à Emmanuel Macron, elle a demandé au président de la République de "considérer les victimes de cette violence qui sévit sur Marseille comme de 'vraies' victimes", lui enjoignant également "de recevoir les parents d'Engin et de les écouter en signe de compassion et d'apaisement face au drame qui est le leur, et à travers eux, celui vécu par des centaines de familles marseillaises". 

12 morts dans des règlements de comptes

Sur son compte Facebook, la famille Günes a publié des vidéos de la marche, où l'on entend, après une minute de silence, le discours d'une des sœurs d'Engin. La jeune femme rappelle que son frère n'était pas "un vulgaire délinquant". "Même si tu as grandi avec nos frères de fortune, tu avais choisi un autre chemin", a-t-elle lu.

"Ce banditisme est une menace dans nos quartiers, elle pèse lourdement sur nos vies au quotidien", a-t-elle dénoncé.

Selon la police judiciaire, depuis le début de l'année, douze personnes sont mortes dans des règlements de comptes dans la région marseillaise.

C.H.A. avec AFP